Disputée en fin de journée, à la fraîche mais sur une piste sèche, la qualification des 6H de Spa a débuté par deux gros crashes au Raidillon de pilotes Bronze (amateurs) surpris en pneus froids au volant de leur Porsche. Christian Ried et Egidio Perfetti s'en sont heureusement sortis indemnes. On ne pouvait pas en dire autant de leur monture.

C'est avec une vingtaine de minutes de retard que débutait réellement la session réservée aux GT avec une pole magistrale de Kevin Estre signant le nouveau record du tour d'une GT à Francorchamps en 2'11.219. Le pilote Porsche reléguait la Ferrari de Miguel Molina à 1.132 et la Corvette C8-R a plus d'une 1.6. Sûr que la BOP sera vite revue dans cette catégorie dominée par Porsche.

C'est pourtant une Aston Martin, celle de Ben Keating, qui a signé la pole en GTE-Am où les pilotes Bronze étaient chargés de la qualif. L'Indien Andrew Haryanto a placé la Porsche Proton de notre compatriote Alessio Picariello au 3e rang.

Place aux protos ensuite et dès le premier tour Toyota montrait qu'elle avait bien caché son jeu durant tous ces jours d'essais où, l'auteur de la pole Kamui Kobayashi l'a avoué, ils ont toujours roulé avec beaucoup d'essence dans le réservoir. Avec le minimum d'essence et donc de poids requis, le Japonais a tourné en 2.00.747, soit à une seconde à peine du meilleur chrono de qualification d'une Toyota LMP1 l'an dernier, plus vite que son propre chrono de 2020 avec la TS050. C'est dire le réel potentiel de ces Hypercar.

"On apprend à chaque tour, la voiture est encore nouvelle et change d'un tour à l'autre," souriait le poleman. "Demain, ce sera certainement une autre découverte car on a peu de roulage avec l'auto."

Toyota monopolisera la première ligne avec la #8 de Buemi-Nakjajima-Hartley à une bonne demie seconde.

Au troisième rang, on retrouvait la plus rapide des LMP2, l'Oreca 07 Gibson United Autosports de Filipe Albuquerque, la référence de la catégorie. Le Portugais pointait à 1.657 de la pole absolue et devançait la troisième Hypercar, l'Alpine d'un Nicolas Lapierre qui n'aura eu qu'un tour pour se qualifier suite à un souci. On retrouvait ensuite la G-Drive de Nyck De Vries et la Team Nederland de Giedo Van der Garde.

Déceptions dans le clan belge avec un lointain neuvième chrono pour Stoffel Vandoorne sur l'Oreca Jota et seulement le 13e chrono pour Robin Frijns du côté de WRT. Mais cela ne signifie pas pour autant bien sûr qu'ils ne pourront pas remonter en course et viser le podium, du moins dans leur catégorie. Car si certains sont plus loin que prévu, c'est par pure stratégie et pour ne pas avoir utilisé de pneus neufs en qualifs afin de préserver leur avantage d'une bonne seconde sur les deux premiers tours pour la course...