Prié de rester chez lui, devant son écran de télévision ou d'ordinateur, pour assister à cette antépénultième manche du Championnat du Monde d'Endurance (WEC) , le public n'a pas raté une très grande édition des 6H de Spa.

Disputée à huis clos, l'épreuve spadoise a été marquée par des conditions très maussades. Après la canicule, des averses se sont multipliées, la piste restant détrempée durant les deux tiers de la course.

Après un quart d'heure derrière la voiture de sécurité, la Rebellion partie en pole ne résistait pas plus d'un virage aux Toyota. Grâce à leurs quatre roues motrices et l'accélération fulgurante due à leur système hybride, les TS050 marchaient sur l'eau.

Sebastien Buemi signait un véritable festival lors de la première demie heure, mais un arrêt supplémentaire de la Toyota #8 en début de course (il est passé trop tôt en slicks et a dû repasser chausser les pluie alors que la #7 est restée avec ses gommes rainurées) la reléguait au deuxième rang.

L'intervention de deux voitures de sécurité remettait quasi les compteurs à zéro entre les deux Toyota, celle du trio Kobayashi-Conway-Lopez s'imposant, après un ultime arrêt pour un appoint de carburant à trois minutes du finish de la N°8 avec trente-quatre secondes d'avance sur la voiture soeur de Buemi-Nakajima-Hartley.

Larguée en début de parcours avec un Norman Nato à la dérive, la Rebellion, la plus rapide sur le sec, était très vite reléguée à un tour (derrière même les meilleures LMP2) et donc écartée de la lutte pour la victoire. Elle complétait néanmoins le podium, la ByKollès connaissant comme à son habitude des problèmes techniques.

En LMP2, l'Oreca-Gibson United Autosport de Albuquerque-Di Resta-Hanson menait durant la première heure, mais était vite rejointe puis dépassée par la Racing Team Nederland d'un Guido Van der Garde, parti de la pitlane et auteur d'une impressionnante remontée sous la pluie. Hélas, le propriétaire du team et gentleman driver Fritz Van Eerd ne pouvait résister au retour des leaders du championnat, la United Autosport N°2 montant à nouveau sur la plus haute marche du podium.

Une catégorie LMP2 marquée également par le gros crash de l'Alpine Signatech de Thomas Laurent. Un peu trop impatient pour passer le « gentleman driver » néerlandais, le jeune Français s'est fait tasser dans le gauche avant Blanchimont, à mis les deux roues gauches dans l'herbe encore mouillée et a perdu le contrôle. Après un tête-à-queue à plus de 200 km/h, le proto a tapé le mur de pneus puis s'est disloqué en partant en tonneau. Le pilote indemne, mais le châssis est détruit. Franchement pas une bonne nouvelle à six semaines du Mans...

C'est finalement une nouvelle fois en GTE-Pro que la course a été la plus disputée, les trois constructeurs en lice se relayant en tête de la hiérarchie. La plus rapide sur le mouillé, la Ferrari 488 d'Alessandro Pier Guidi et James Calado n'a pu résister au retour sur le sec des Porsche et Aston luttant pour la première place en tout début de course.

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Leader à l'issue du premier tour après avoir pris le meilleur sur Kevin Estre, Maxime Martin bénéficiait de la sortie de la voiture de sécurité (suite au crash de Laurent) pour récupérer à la tête à une heure de l'arrivée. Mais, l'unique Belge au départ ne pouvait résister à la pression de Kevin Estre et, victime de soucis de freins, tirait tout droit à La Source. Obligé en outre de repasser par le stand pour un « splash and dash » à trois tours de l'arrivée, il devait finalement se contenter de la plus petite marche du podium derrière la Porsche N°92 du duo Estre-Christensen parti en pole et la voiture soeur de Sorensen-Thiim.

En GTE-Am enfin, victoire de la Ferrari 488 AF Corse de Niklas Nielsen, Emmanuel Collard et François Perodo.

Rendez-vous au Mans dans six semaines pour les 24H, toujours sans public mais avec le double de voitures au départ. Et on espère un peu plus de suspense, même si le résultat devrait logiquement être le même avec un nouveau doublé attendu des LMP1 japonaises.