Avec dix spéciales au menu, la première étape de la reprise du WRC a été longue. Après pour commencer la journée, la surprise Kalle Rovanpera, le jeune Finlandais signant le premier scratch de ce samedi et menant pour la première fois une manche WRC à 19 ans avant de subir une crevaison dans l'ES3.

Frappant un grand coup là-bas, Ott Tanak en profitait pour prendre les commandes et assurer son rôle de favori pour le plus grand plaisir des 16.000 fans estoniens autorisés à assister à cette première mondiale dans leur pays. « J'ai l'impression d'avoir déjà disputé tout un rallye, » expliquait le champion du monde en titre. « La deuxième boucle a été difficile. A certains endroits, c'était cassant et j'ai donc redoublé de prudence. Mais quand le terrain était bon j'ai poussé et signé quelques meilleurs temps. La voiture est quasi parfaite. Maintenant, avec près de 30 secondes d'avance sur la première des Toyota, je ne vais plus prendre de risques. »

Il devrait pouvoir ainsi fêter, devant son public, son premier succès avec Hyundai et se relancer parfaitement dans la course à sa propre succession.

Dans son sillage depuis le départ, Craig Breen a signé deux scratches dans l'après-midi ce qui lui a permis de rester au contact. Mais même si l'écart entre les deux équipiers n'est que de 11.7, pas question pour l'Irlandais de tenter d'attaquer le leader lors de la 2e étape. Après l'abandon de Thierry Neuville (roue arrachée) qui repartira dimanche en Rally2 pour viser les cinq unités bonus de la Power Stage, Craig aura pour consigne d'assurer le doublé pour Hyundai et de prendre des points importants aux pilotes Toyota. « Vous pouvez difficilement imaginer le plaisir de piloter cette WRC. Elle fait absolument tout ce que je lui demande. C'est un rêve. Je vais tout faire pour garder ce podium, » rayonnait-il.

Il s'est ménagé une petite avance de 17 secondes sur le trio de Toyota groupées en huit secondes avec dans l'ordre Seb Ogier, Kalle Rovanpera (il pointe à 34.9 alors qu'il a perdu une trentaine de secondes suite à sa crevaison) et Elfyn Evans. Le Finlandais est clairement le plus rapide des trois et ne devrait faire qu'une bouchée du sextuple champion plus que six secondes devant lui. Mais Tommi Makinen lui en donnera-t-il l'autorisation ? Avec encore seulement trois épreuves à disputer après l'Estonie, chaque point va compter. Et le Français ne peut pas se permettre d'en perdre trois au profit d'un gamin logiquement pas candidat au sacre...

Enfin en parlant de nouvelle génération très prometteuse, un autre « kid » s'est distingué aujourd'hui : Oliver Solberg, 18 ans, fils de l'ex-champion du monde, mène la catégorie R5 (WRC3) aux commandes de sa VW Polo 17.8 devant la Skoda du régional de l'étape Kaur Egon. Leader en WRC2, Mads Ostberg (C3) complète le podium des R5, catégorie très fournie dans laquelle notre compatriote Grégoire Munster (Hyundai) occupe la douzième position à 18 secondes de Nicolas Ciamin. Sans une double crevaison l'obligeant à ralentir la cadence en fin de première boucle, il intègrerait déjà le Top 10. A moins de deux minutes du prodige Solberg Jr. Pas mal...