WRC Monte-Carlo étape 3: Seb Ogier à roues de Sioux, Neuville s'accroche au podium

Seize secondes séparent les deux Toyota de tête, Thierry Neuville à 16 secondes de Kalle Rovanpera

Prudent comme un Sioux pour éviter une crevaison pouvant lui coûter, comme l'an dernier, un neuvième succès monégasque, Sébastien Ogier a perdu la moitié de son avantage sur la boucle de l'après-midi. Mais le Français reste confiant à quatre spéciales du bon port de Monaco: "J'ai laissé une dizaine de secondes sur Kalle dans l'ultime spéciale nocturne. C'est beaucoup, mais c'était la plus redoutée pour les crevaisons avec pas mal de cordes à couper et de pierres. J'ai donc fait très attention," expliquait à l'arrivée le leader de l'épreuve comptant encore seize secondes d'avance à l'issue de la dernière journée sur son jeune champion d'équipier: "Vu les conditions, sur le sec et de jour, cela devrait être suffisant. Je connais bien les tronçons du côté du Turini. Je ne suis pas inquiet."

Plutôt que de viser la première place du maître du Monte-Carlo, le champion du monde a surtout voulu se mettre à l'abri d'un retour de Thierry Neuville qui avait signé deux meilleurs temps dans les ES12 et ES13. Le Nordique de 22 ans est donc passé en mode "full" attaque pour coller un peu de plus de six secondes à notre compatriote repoussé désormais à seize secondes de la 2e place.

"J'ai encore poussé dans la dernière, mais mes pneus étaient déjà loin et j'ai l'impression d'avoir perdu un peu de temps dans les portions rapides," confiait le pilote Hyundai qui aura donc abandonné au final une petite quinzaine de secondes sur son rival sur la journée. Mais il a réussi à contenir et même repousser le retour d'Elfyn Evans pointant désormais à 24.5 du podium. "Notre auto est globalement trop souple pour un Monte-Carlo qu'on ne prévoyait pas aussi sec. On n'a pas pu réellement démontrer notre évolution ici, mais je vous garanti qu'on a progressé encore depuis le Japon."

Mais Toyota a sans doute effectué un pas un peu supérieur, notamment au niveau de son moteur.

Journée difficile pour Ott Tanak qui a concédé pas mal de temps et une place au classement avec notamment un souci de direction assistée. Mais l'Estonien a serré les dents et est resté positif. Cela ne pourra qu'aller mieux sur les prochains rallyes. En attendant, il pointe à 1.37.3 du leader, 38.4 seulement devant Takamoto Katsuta.

Derrière, Esapekka Lappi commence à mieux comprendre sa nouvelle Hyundai. Le Finlandais, victime d'une crevaison en cours de journée, est tout de même revenu à 2.6 d'un Dani Sordo se demandant ce qui lui arrive. "Le système hybride ne fonctionne pas, mais ce n'est pas une excuse. Ogier a fait des scratches sans boost. Je ne suis pas dans le rythme et je ne comprends pas pourquoi," reconnaissait l'Espagnol.

En WRC2, l'incontestable leader Nikolay Gryazin a subi une crevaison et perdu une trentaine de secondes dans l'ultime spéciale nocturne. Le Russe conserve néanmoins la tête de la catégorie 15.2 devant la Citroën C3 de Yohan Rossel. Le champion de Belgique Stéphane Lefèbvre a perdu la troisième marche provisoire du podium sur sa Citroën DG Sport et pointe à 2.9 de la Hyundai de Pepe Lopez. Voilà encore une bataille intéressante à suivre ce dimanche.

Grégoire Munster a connu, lui, une journée sans problème. Il profite des ennuis de Bulacia laissant 2'30 dans l'ultime tronçon pour gagner une place au classement général (17e) et dans sa catégorie. Le pilote de la Ford est désormais 9e en WRC2, huitième de ceux marquant des points puisque Oliver Solberg ne fera pas compter ce résultat. Son équipier référence Adrien Fourmaux n'est que sixième et confirme le déficit de performances actuel de la Fiesta Rally2.

ES13: Et de deux pour Neuville!

Deux à la suite. Dans la foulée de son premier scratch de la saison, Thierry Neuville a enchaîné avec un nouveau meilleur temps dans la treizième spéciale de Malijai-Lui Michel où il a devancé Kalle Rovanpera de seulement deux dixièmes. Le Belge a repris 3 secondes pleines à Elfyn Evans et 3.9 à un Sébastien Ogier prudent pour éviter les crevaisons dans les portions les plus dégradées après le premier passage.

"Ce n'est pas facile," admet le champion du monde Kalle Rovanpera. "Quand la route est propre, nous sommes devant. Mais quand elle est polluée, salie avec des graviers, de la terre et un peu de neige ressortant des cordes, c'est plus compliqué pour nous."

Avant l'ultime spéciale de l'étape, à la lueur des phares, le Finlandais qui n'est encore jamais monté sur le podium à Monaco compte 25.8 de retard sur Sébastien Ogier et 9.3 d'avance sur Thierry Neuville bien décidé à continuer à mettre la pression même s'il souffre un peu du dos.

"On a mal encaissé un gros jump," explique-t-il. "On est parfois au-delà de la limite, mais on est là."

La spéciale de nuit et les deux passages dans le Turini de ce dimanche devraient favoriser notre compatriote qui continue à cravacher et à y croire.

Premier scratch 2023 pour Thierry Neuville

Enfin! Il aura fallu attendre la 12e spéciale pour voir Thierry Neuville signer son premier scratch sur ce Rallye Monte-Carlo. Le Belge devance les trois Toyota d'Elfyn Evans (à 1.1), de Kalle Rovanpera (à 2.9) et du leader Sébastien Ogier (à 3.4) pour revenir à 9.5 de la deuxième place du champion finlandais. C'est le premier meilleur temps de l'année pour Hyundai et le tout premier pour Cyril Abiteboul, le nouveau boss de l'équipe coréenne.

"On a opéré quelques ajustements lors de la pause de midi et dans les portions étroites l'auto se comporte désormais très bien," se réjouit Thierry. "C'est dans le rapide qu'on perd du temps. On n'a pas de grip latéral et la voiture glisse beaucoup."

Crevaison pour son équipier Esapekka Lappi qui perd une vingtaine de secondes, tandis que Ott Tanak est toujours contrarié par une direction assistée fonctionnant par intermittence.

ES10-11: Ogier assure, Rovanpera repousse Neuville à 12.4

Toyota poursuit inexorablement sa suprématie sur ce Rallye Monte-Carlo complètement sec. Onze spéciales et autant de meilleurs temps pour les Yaris WRC1. Après un nouveau triplé emmené par le leader Seb Ogier dans l'ES10, Kalle Rovanpera a signé son troisième meilleur temps dans l'ES11 entre Ubraye et Entrevaux, le champion du monde repoussant désormais Thierry Neuville à 12.4.

Ce qui ne fait pas rire du tout le Belge perdant sa bonne humeur de départ au fil des spéciales.

« Mon auto rebondit partout. Elle bouge beaucoup trop, je ne suis pas à l'aise, » grimace le pilote Hyundai pointant à six dixièmes d'Elfyn Evans désormais remonté au quatrième rang à 18.4 de notre compatriote. On croirait repasser le film de l'an dernier, le manque de fiabilité en moins.

Victime de problèmes intermittents de direction assistée, Ott Tanak a rétrogradé en cinquième position, à trente secondes du podium et de son ancien équipier. Pas de miracle pour M-Sport. Il reste pas mal de travail sur la Puma tant au niveau de la fiabilité que de la performance.

Devant, Sébastien Ogier assure sagement. Le Gapençais compte toujours une trentaine de secondes d'avance sur son jeune équipier Rovanpera. « J'ai un peu levé le pied dans la dernière car il y avait pas mal de cordes à couper et de risques de crevaison, » confie le Français en route vers un neuvième succès monégasque.

Derrière, cela va mieux pour Esapekka Lappi revenu à 4.5 de la 7ème place de son équipier chez Hyundai Dani Sordo avouant franchement : « J'ai perdu le boost hybride dans la dernière spéciale, mais le principal souci se situe entre le volant et le siège. »

Une belle franchise de l'Espagnol pas en confiance du tout depuis le début de l'épreuve.

Nouveau scratch en WRC2 pour le leader Nikolay Gryazin (le dernier vainqueur du Rallye du Condroz), Adrien Fourmaux signant un troisième chrono de catégorie à six secondes, sa meilleure performance depuis le départ. Pepe Lopez (Hyundai) double le champion de Belgique Stéphane Lefèbvre (Citroën C3 DG Sport) pour le gain de la 3e place. Oliver Solberg perd par contre pas mal de temps (1'44). Le Suédois rétrograde au 17e rang absolu, six secondes devant le Belge Grégoire Munster, toujours dixième de sa catégorie.

ES9: Rovanpera prend ses distances, Loubet out

Moins neuf degrés à l'arrivée de ce premier secteur du jour, 16.8 km complètement secs entre Le Fugeret et Thorame-Haute. Et dès le dernier virage, coup de théâtre. Reparti deuxième sur la route ce matin après ses déboires et 150 km parcourus sans direction assistée, Pierre-Louis Loubet glisse et tape avec l'arrière droit. Roue pliée, c'est l'abandon. "Il y avait de la glace," a indiqué le Corse, seul pilote piégé à cet endroit. Peut-être plutôt une fiche couche de sel que Jourdan Serderidis, nettement moins rapide, n'avait pas complètement balayée.

Dans la foulée, on a assisté au même scénario qu'hier avec un nouveau triplé Toyota. Avec cette fois un ordre inédit puisque le meilleur temps revient à Kalle Rovanpera, pourtant pas content de son pilotage, 6 dixièmes devant Elfyn Evans qui revient à moins de trois secondes d'Ott Tanak pour le gain de la quatrième place, et Sébastien Ogier avouant ne plus prendre de risques vu son avance toujours confortable de 33.5 secondes.

Quatrième à 2.7, Thierry Neuville se montrait assez satisfait: "Il y avait moins de grip qu'attendu. On a effectué quelques changements de réglages auxquels je dois encore m'habituer, mais cela allait de mieux en mieux au fil de la spéciale."

Ce que confirment les chronos partiels. Cela va un peu mieux aussi pour Esapekka Lappi, septième à 14.2, mais le cauchemar continue pour Dani Sordo perdant 20 secondes et désormais doublé au classement général pour la 6e place par Takamoto Katsuta.

En WRC2, doublé des Skoda de Nikolay Gryazin (à 4.9 seulement de Dani Sordo) et Oliver Solberg. Le Russe colle quasi dix secondes à la Citroën de Yohan Rossel. Adrien Fourmaux sur la première Ford concède près de 20 secondes au chrono de référence. Grégoire Munster pointe 8.6 derrière son équipier.

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