La dernière étape du Rallye de Sardaigne n'a pas été aussi fertile en rebondissements que la deuxième. Les quatre WRC encore en course sans avoir eu recours au système de Rally2 vous permettant de repartir après un abandon ont rallié l'arrivée sans prendre de risques, en économisant comme toujours leurs pneus pour l'ultime spéciale bonus. Un système que la FIA doit impérativement et rapidement modifier pour empêcher de s'ennuyer les dimanches matins. Pourquoi pas en autorisant un train de pneus neufs avant la Power Stage et en obligeant les concurrents souhaitant marques des unités dans l'ultime spéciale à signer un voire deux Top 5 dans les spéciales précédentes du dimanche ? Un peu comme en F1 où le point du meilleur tour en course n'est attribué qu'au pilote terminant dans le Top 10.

Profitant du second abandon sur bris de suspension d'Ott Tanak alors qu'il assurait déjà la victoire, mais aussi des soucis puis de l'accident de Dani Sordo, Sébastien Ogier signe sa 52e victoire mondiale, sa quatrième en Sardaigne et sa deuxième de la saison.

« C'est un peu inespéré il faut bien l'avouer en ouvrant le premier jour et en considérant l'avance qu'avait réussi à prendre Ott vendredi quand je balayais, » admettait le septuple champion. «Le week-end a réellement été parfait pour nous. On a réussi à bien gérer notre handicap vendredi puis on a attaqué samedi, signé quelques scratches et profité de l'abandon d'Ott. C'est malheureux pour lui, mais c'est le rallye. J'ai moi-même eu une petite frayeur après le dernier gué quand le moteur a pris un peu trop d'eau. »

Comme à son habitude, Elfyn Evans, septième en début de rallye, a lui aussi misé sur la régularité et profité de la fiabilité de sa Toyota qui a tout de même aussi perdu une voiture (celle de Kalle Rovanpera, le seul à pouvoir suivre le rythme des Hyundai vendredi, sur bris de suspension) pour décrocher le premier accessit à 46 secondes de son chef de file après avoir laissé une quinzaine de secondes à l'arrêt à la sortie du gué où son moteur est resté noyé.

« Cela n'a pas été un rallye facile. C'était cassant et donc un peu stressant. On aurait préféré se battre à nouveau pour la victoire bien sûr, mais on est heureux de prendre encore de précieux gros points, » a déclaré le Gallois.

Alors qu'il était venu pour remporter son premier succès depuis dix-sept mois, Thierry Neuville doit à nouveau se contenter de la plus petite marche du podium après avoir profité du retrait de ses deux équipiers. « Ce n'est clairement pas le résultat que l'on espérait, mais compte tenu du contexte, c'est inespéré, » déclarait notre compatriote après avoir engrangé les cinq points bonus pour trois dixièmes devant son équipier. Au final il marque donc 20 unités, soit deux de plus qu'Evans et sept de moins seulement que Seb Ogier. « Oui, on limite parfaitement les dégâts. Hormis dans l'une ou l'autre spéciale, je n'ai pas été à l'aise de tout le week-end. Je n'avais pas assez de confiance pour sortir la grosse attaque comme les années précédentes. Je ne parviens pas à garder ma voiture dans la ligne propre. Elle glisse trop. Il va falloir travailler pour corriger cela pour la suite de la saison. »

Pas de doute, Hyundai désormais 49 points derrière Toyota au championnat constructeurs aura bien du mal à défendre sa couronne cette année. Et si tout n'est pas encore perdu pour Thierry Neuville, il va maintenant falloir digérer tout cela. Et puis bosser et bosser encore pour définir de meilleurs réglages avec ses pneus Pirelli sur la terre, un changement plus important et néfaste aujourd'hui sans doute pour notre représentant que l'inexpérience de son copilote ne pouvant sans doute pas l'aider dans la réflexion pour ses choix de pneus et de réglages. Prochaine manche fin du mois au Kenya où les Hyundai devront être plus solides que jamais.