Des conditions dangereuses avantageuses pour notre leader du Mondial Thierry Neuville.

Les photos prises en reconnaissance sont désolantes. Les hauts lieux du Rallye de Suède sans neige, cela fait de la peine à voir. Si beaucoup de fans (dont ceux de Thierry Neuville), de journalistes et même pas mal de concurrents amateurs ont préféré renoncer au voyage tant qu'il était encore temps, il semblerait, aux dernières nouvelles, que le rallye soit maintenu malgré l'absence quasi totale de neige. A moins d'une fronde des pilotes d'usine jugeant les conditions trop dangereuses et refusant de rouler, la 2e manche du Mondial prendra son envol ce jeudi soir avec une spéciale sur terre sur l'hippodrome tout vert de Karlstad où l'on annonce des températures allant jusqu'à six degrés en journée et de la pluie pour le week-end. Voyez ci-dessous la photo prise sur la spéciale du shake-down hier et publiée sur la page Facebook du Club de supporters de Thierry Neuville et Nicolas Gilsoul. C'est pareil à Torsby et même du côté de Finnskogen en Norvège où l'on n'annonce pas de précipitations d'ici à vendredi.

Malgré cela, la FIA responsable de la sécurité maintient jusqu'ici l'événement. Les reconnaissances ont eu lieu normalement et les organisateurs ont commencé à arroser les trois vraies spéciales encore au menu. Le gel (jusqu'à moins cinq) est annoncé pour les deux prochaines nuits et l'espoir est que la course puisse se dérouler sur de la terre gelée ce qui donnera plus de grip aux pneus clous.

Car on ne sait plus faire autrement. Les pneus terre (encore en production) ou même neige (non cloutés) ne sont pas disponibles sur place. Et l'on n'équipe pas une WRC avec des gommes achetées au garage du coin...

Il faudra donc s'adapter. Sur de la glace artificielle, les clous risquent de s'arracher très vite. Et lors du deuxième passage, les concurrents évolueront dans des ornières de boue. Mais ils n'ont pas le choix.

"Cela va être dangereux," estime un copilote. Car ce rallye est très rapide sans neige, il n'y aura pas de mur pour protéger ou ralentir les voitures en cas de sortie, tandis que l'adhérence sera très faible et les clous vont s'arracher très vite. "Les pneus sont très étroits pour permettre aux clous de mieux s'enfoncer dans la glace ou la neige. S'il n'y a pas de verglas artificiel, ils auront encore moins de grip qu'avec des pneus terre," nous glisse un ingénieur belge. "C'est notamment pour cela que des zones autorisant les changements de pneus ont été rajoutées. Car rouler sans clous est encore pire."

Les pilotes risquent donc d'être envoyés au casse-pipe. Mais ce sont des professionnels. Et l'on n'est pas en circuit où l'on annule ou neutralise dès qu'il pleut un peu trop fort. A chacun d'adapter sa vitesse pour espérer ne pas revoir des images aussi effrayantes que lors du violent accident d'Ott Tanak du côté de Gap.

Au final, le point positif pour les supporters belges pour la plupart restés au pays, c'est que le désavantage de Thierry Neuville d'ouvrir la route ce vendredi va se transformer en avantage. Le but pour l'équipage belge sera de ne pas commettre de faute, de rester sur la route et de garder la tête du Mondial dimanche dans la triste gadoue de Karlstad. On croise vraiment les doigts...

© Club Supporters Thierry Neuville