Troisième du "Mondial" au terme d'une course prudente à Monte-Carlo, Thierry Neuville n'aborde pas le deuxième rendez-vous de ce week-end en Laponie avec beaucoup de confiance. Plusieurs éléments pourraient jouer en sa défaveur.

Thierry, vous avez eu l'occasion de rencontrer le père Noël en personne à Rovaniemi, que lui avez-vous dit?

"Que ma fille serait très heureuse d'être à ma place."

Une commande spéciale pour la fin de l'année?

"Cela fait quelques années déjà que je cours après le titre. Ce serait chouette de pouvoir le ramener cette fois en décembre."

Vous êtes confronté en Laponie à de vraies conditions hivernales. Cela change de la Suède ces dernières années...

"Tout à fait, c'est fort différent. D'abord il y a beaucoup de neige, surtout après les nouvelles chutes d'hier. Mais la neige n'est pas dure, mouillée comme chez nous ou glacée comme en Suède. C'est plutôt de la poudreuse. On ne peut donc pas trop s'appuyer sur les murs. C'est délicat. Les spéciales sont au final très étroites, fort techniques. Il y a un vrai challenge. En plus, il y a parfois tellement de neige fraîche que l'on manque de repères, on ne sait pas toujours très bien où est la route ni où on va..."

La position sur la route sera importante?

"Extrêmement. Surtout ce vendredi avec les cinq à six centimètres de neige fraîche. Partir devant constituera un handicap. Je ne vais donc pas me plaindre par rapport aux Toyota d'Ogier et Evans qui ouvriront la route. Mais je devrai essayer de garder le contact avec mes équipiers qui eux bénéficieront d'une bien meilleure position que moi. Il faut éviter à tout prix de devoir repartir devant pour la grosse journée de samedi. La meilleure place sur la route c'est 53ème!"

Les deux spéciales de vendredi après-midi s'annoncent donc cruciales?

"Tout à fait. La spéciale de 31 km à refaire une deuxième fois dans l'obscurité est très technique, avec pas mal de lumps, de virages masqués. Il pourrait y avoir des surprises. Voir Craig Breen ou Teemu Suninen mener vendredi soir ne serait pas impossible du tout. Oliver Solberg? Je ne pense pas, non."

Vous sentez-vous plus compétitifs par rapport à Toyota ici qu'à Monte-Carlo?

"Non, pas vraiment. Elles sont notamment avantagées par le fait qu'elles ont pu effectuer plus d'essais que nous dans des conditions similaires du côté de leur base de Jyvaskyla. On a testé aussi de notre côté, mais je ne suis pas 100% satisfait. L'auto a l'air moins rapide que l'an dernier. Peut-être car le terrain est plus lent aussi, je ne sais pas. Ou alors c'est à cause des pneus Pirelli. Je m'attends à un rallye difficile face à Toyota. Si c'est une Yaris qui doit l'emporter, cela m'arrangerait mieux que ce soit Kalle Rovanpera."

Comment évolue votre relation avec Martijn Wydaeghe, votre nouvel équipier?

"Je suis déjà beaucoup moins inquiet qu'au départ du Monte-Carlo. On a fait pas mal de kilomètres ensemble depuis, en tests, lors du petite rallye en Estonie et encore ce vendredi lors du shake down. Les spéciales seront plus lentes donc cela devrait être plus facile pour lui. On a aussi pu mieux régler l'interphone, l'adapter à sa voix. J'entends désormais mieux les notes. Les recos se sont très bien passées. Maintenant, il faudra bien sûr encore un peu de temps avant que tout soit naturel, que la confiance soit absolue."

Cet Arctic Rallye sera un véritable sprint avec seulement dix spéciales.

"On est habitué à ce type de format très court depuis un an maintenant."

Pouvez-vous gagner dimanche?

"Je n'en suis pas sûr. Si tout va bien, je pense qu'on peut monter à nouveau sur le podium. Tout va dépendre de comment on négocie les deux premières spéciales. De notre côté, on va surtout essayer de terminer devant les pilotes nous précédant au championnat et de marquer des gros points pour l'équipe. Mais je le répète, même si j'aime bien le pilotage sur la neige, cela ne s'annonce pas facile du tout."