Thierry Neuville va mordre la poussière le premier jour mais…

Troisième manche du Mondial, le Rallye du Mexique a démarré jeudi soir par deux spéciales show. La première dans la cité minière de Guanajuato, ville classée au patrimoine de l’Unesco, et la seconde, la plus courte de la saison (730 mètres), à côté du parc d’assistance de Léon, la capitale de la chaussure.

Mais les choses sérieuses débuteront ce vendredi avec un monument comme El Chocolate (31,4 km), des spéciales brûlantes, poussiéreuses à souhait, en altitude avec un sommet culminant à 2 200 m. L’oxygène se fait plus rare, les turbos surchauffent, les moteurs perdent une centaine de chevaux et les pilotes tirent la langue.

Pour compenser cela, il faut rouler le plus proprement possible. Pas évident quand, comme Thierry Neuville et Nicolas Gilsoul aujourd’hui, vous vous élancez deuxième sur la route. "C’est toujours nettement mieux que premier, positive notre compatriote. Même s’il a le même nombre de points que nous en tête du championnat, Elfyn (Evans) aura le désavantage de devoir faire la trace. Mais bien sûr, nos équipiers Ott Tanak et surtout Dani Sordo, avant-dernier des pilotes WRC à s’élancer, bénéficieront d’une trajectoire nettement plus nettoyée."

Il s’agira donc cet après-midi chez nous (avec le décalage horaire de sept heures) de limiter les dégâts, surtout lors de la première boucle, et de rester au maximum au contact avec les leaders. "L’objectif lors de la première étape est de ne pas devoir repartir devant samedi. On doit donc laisser au moins trois ou quatre concurrents derrière nous."

En huit participations au Mexique, le Saint-Vithois est monté trois fois sur la 3e marche du podium. "J’adore cette épreuve. Pour son climat, l’ambiance avec beaucoup de spectateurs passionnés et les paysages magnifiques. Quand on sort à peine de l’hiver en Europe, c’est gai de faire une bonne cure de soleil. J’ai pas mal de bons souvenirs à Léon. C’est ici que j’ai signé mon premier podium en WRC il y a sept ans avec Ford. En 2014, ce fut le premier podium avec Hyundai avec le fameux épisode de la Corona dans le radiateur pour terminer le rallye. C’est une des épreuves que je voudrais le plus remporter après Monte-Carlo, mais je n’y suis, hélas, encore jamais arrivé. Ce serait chouette de pouvoir combler cette lacune cette année."

Un peu en-deçà des Toyota en performances pures du côté de Monaco et en Suède, les WRC coréennes seront-elles plus à la fête sur la terre ? Des évolutions aérodynamiques ont récemment été apportées à la i20 Coupé WRC. Cela permettra-t-il d’équilibrer un peu mieux le match entre les deux constructeurs asiatiques ? Dans l’intérêt du championnat mais aussi de nos quintuples vice-champions, on ne peut que l’espérer. Mais il faudra sans doute attendre le week-end pour mieux juger le potentiel de chacun. Car ce vendredi, tout sera encore une question de position sur la route…