Le jeune Finlandais a tenu bon et parfaitement géré jusqu'au bout des 24 spéciales un avantage forgé surtout samedi matin, notamment avec un scratch d'anthologie dans la première longue spéciale matinale où il a collé plus de dix secondes à son plus proche poursuivant. Et à 20 ans 9 mois et 17 jours, le fils de l'ancien pilote Peugeot Harri est devenu le plus jeune lauréat de toute l'histoire du WRC, battant de plus de deux ans l'ancien record de précocité datant du Rallye de Suède 2008 remporté par la Ford du nouveau boss de Toyota Jari-Matti Latvala à 22 ans ans et 313 jours.

Après être tombé dans les bras de son papa versant la petite larme puis de sa maman elle aussi présente, un Kalle très ému n'a pas fait, comme à son habitude, de grandes déclarations : "C'est chouette de gagner ici, » a confié ce gamin qui a commencé à rouler sur des lacs gelés à l'âge de 8 ans sur une Toyota Starlet, a disputé son premier rallye ici en Estonie à 13 ans avant de remporter sa première victoire nationale à 15 ans. « Surtout après un début de saison où je n'ai pas eu les résultats espérés. Cette fois j'ai pu confirmer ma pointe de vitesse par le résultat que je souhaitais. J'avais beaucoup de fans ici où je me sens un peu comme à la maison."

Derrière, Craig Breen, en manque de roulage (c'était son premier rallye sur terre depuis l'Estonie l'an dernier), a vite dû se contenter de la deuxième place. Un premier accessit qu'il aurait pu offrir sur ordre du team Hyundai à son équipier Thierry Neuville en pointant deux minutes en retard au dernier contrôle horaire. Mais le boss Andrea Adamo a décidé de ne pas imposer cette consigne et de garder l'ordre établi privant le Belge de trois points supplémentaires. Sans doute estime-t-il que cela ne changera rien au final et ne croit-il plus réellement dans les chances du Belge pour la couronne. A cinq manches du but, Neuville accuse aujourd'hui un retard de 52 unités avant son prochain rallye à domicile.

Au final, le Français augmente son avance (148 à 111) sur son dauphin au championnat Elfyn Evans.

"Compte tenu de notre position sur la route et de ma crevaison vendredi, je pense qu'on a tiré le meilleur de ce que l'on pouvait sur cette épreuve", a indiqué notre compatriote auteur de quatre meilleurs temps sur six hier (dont deux ex-aequo avec Ott Tanak et deux seconds derrière l'Estonien). "Malheureusement on a encore souffert de quelques petits soucis techniques aujourd'hui. C'est décevant mais c'est comme cela. Merci à notre team manager Alain Penasse qui m'a beaucoup apporté et nous quitte ce soir. J'ai maintenant hâte de me retrouver dans le Westhoek le mois prochain."

Pour un Ypres qu'il a déjà remporté à deux reprises et pour lequel il s'élancera grand favori. Ce qui ne veut pas dire qu'il aura course gagnée. Il suffit de voir ce qui est arrivé ici à Ott Tanak sauvant les cinq points bonus de la Power Stage...