Il est clairement peu connu chez nous. A 26 ans, le Français Yohan Rossel a pourtant déjà remporté sa catégorie cette année à Francorchamps au terme du Belgium Ypres Rallye, une des étapes l'ayant mené au titre mondial en WRC3 au volant de sa Citroën C3. Il y a deux semaines, on l'a vu plus heureux encore que Sébastien Ogier au moment de fêter sa couronne dans le paddock de Monza.

"Un grand moment oui, partagé avec Sébastien qui fêtait son 8e ou 9e titre, je ne sais même plus. On a bavardé ensemble en allant au podium. C'était sympa de poser pour une photo également avec lui et Julien Ingrassia."

Neuf titres pour Sébastien Loeb, huit pour Seb Ogier, les deux dernières décennies de WRC ont été dominées par les pilotes français. Cela vous aide-t-il ou vous met-il de la pression. Car tout le monde attend maintenant un successeur vu qu'Ogier a annoncé qu'il arrêtait?

"C'est clairement plus que positif pour la popularité du rallye dans notre pays. Cela nous a aidés. Je ne ressens aucune pression par rapport à cela. Je suis content de ma saison, mais je ne suis clairement pas encore à son niveau. Je n'ai encore jamais piloté une WRC1. Honnêtement, je ne me pose pas la question. Pour l'instant, il est impossible d'imaginer de voir un Français prendre leur succession. Je ne tire pas de plans sur la comète. J'espère que cela va continuer pour moi et on verra où cela me mène."

Quels sont les plans pour 2022? Du WRC2?

"Il y a des projets en cours. cela devrait être officialisé dans une dizaine de jours. Je veux continuer avec Citroën, je connais bien l'auto et je pense que je pourrais viser le titre en WRC2 au volant de la C3. Rien n'est encore signé, mais c'est bien parti pour que je sois au départ du prochain Monte-Carlo."

Comment vous retrouvez-vous ici au départ du Spa Rally?

"J'ai été invité par DG Sport, un représentant de Citroën alignant une C3 comme la mienne. Je n'ai donc pas hésité longtemps pour donner une réponse positive. On ne refuse jamais de rouler quand on est jeune et qu'on vous invite dans un bon contexte. Cela va me permettre d'augmenter mon expérience dans des conditions difficiles auxquelles je ne suis pas habitué. Et surtout de rester dans le rythme. On annonce des conditions hivernales auxquelles je ne suis pas habitué. Ce sera une bonne préparation pour le Rallye Monte-Carlo."

Vous êtes en Belgique pour gagner? En tant que champion du monde de la catégorie, vous partez avec l'étiquette de favori...

"Je ne le vois pas comme cela. Cela risque d'être compliqué car je suis arrivé mercredi et je n'ai eu l'occasion que d'effectuer deux passages sur des routes magnifiques que je découvre. Je sais que le niveau du championnat de Belgique est très relevé. Je ne me mets aucune pression. Je veux bien faire évidemment, mais aussi prendre du plaisir. Il n'y a pas d'enjeu pour moi. Si je suis devant ou avec eux, tant mieux. Si ce n'est pas le cas et que le rythme des locaux est trop élevé, je ne vais pas me mettre dehors pour tenter l'impossible."

Un podium au minimum?

"Je pense que si vous jouez le podium ce week-end, vous jouerez aussi la victoire car les écarts seront très serrés."

Vous avez un illustre équipier en la personne de Stéphane Lefèbvre. Un sérieux client aussi au sein de votre équipe DG Sport...

"Oui tout à fait. Il a la même envie que moi de bien faire. On s'entend super bien. La rivalité est tout à fait saine entre nous."