C'est la fin du Heysel...

Mathieu Ladevèze
C'est la fin du Heysel...
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La Ville et la Région sont d'accord pour raser le stade

BRUXELLES Le stade du Heysel vit ses dernières heures. Sur papier en tout cas. Le 17 octobre prochain, le ministre-président de la Région bruxelloise Charles Picqué (PS) présentera le détail de son Plan de développement international (DPI). La présence d'un grand stade digne de ce nom constitue l'un des éléments phares de ce plan.

Si le contenu de ce plan reste bien gardé, il ne fait aucun doute que Charles Picqué se joindra à la position du maïeur bruxellois Freddy Thielemans : le grand stade doit aller sur le site de Schaerbeek-Formation (sur le territoire de la Ville de Bruxelles malgré son nom). Freddy Thielemans n'a jamais caché qu'il préférait développer cette zone ferroviaire à l'état de friche et consacrer le site du Heysel aux logement, commerce et bureaux.

L'appel à candidatures lancé le 24 septembre dernier et délibérément transmis à la presse avant-hier par le propriétaire de 40 hectares de terrain sur le site de Schaerbeek-Formation - le Fonds de l'infrastructure ferroviaire (Fif) - a provoqué l'ire des pouvoirs publics bruxellois. Et délié certaines langues. Cet appel concerne "la construction d'un stade de foot polyvalent, d'un centre commercial, de bureaux, d'un musée d'art moderne contemporain, d'une infrastructure événementielle et de bâtiments résidentiels."

Certes, Ville et Région fustigent l'attitude du Fif, entreprise publique qui use ici d'une "méthode absurde et contre-productive", dixit le cabinet Picqué. À la Ville, on assure que le fait de se la jouer ainsi en solo est "la meilleure manière qu'il ne se passe rien pendant vingt ans." Certes, le Fif assure que Ville et Régions restent des partenaires privilégiés et qu'ils auront leur mot à dire dans le choix du partenaire privé, indispensable à la concrétisation d'un tel projet.

Il n'empêche. Le choix de Schaerbeek-Formation remet d'office en cause l'existence même du stade du Heysel. À la Ville, la logique est d'une rare limpidité : "Le nouveau stade, sur le site de Schaerbeek-Formation, sera le stade national. Il accueillera une équipe à demeure (NdlR: forcément Anderlecht). Ce qui permet de raser le Heysel."

Au cabinet Picqué, on suit la même logique en se basant sur l'idée qu'il serait complètement stupide de garder une telle infrastructure, dont les coûts de maintenance et de rénovations sont élevés, pour un seul événement par an. Il ne reste désormais plus qu'à caser le Mémorial Van Damne que tout le monde veut néanmoins absolument garder...



© La Dernière Heure 2007


Meert rassurant

Ce n'est pas la première fois que se pose la question de l'avenir du Mémorial Van Damme au départ d'une rumeur de démolition du stade Roi Baudouin. Mais, cette fois, Wilfried Meert se dit surpris. "Je ne suis au courant de rien ! explique le patron du Mémorial. Ni de la démolition de l'enceinte actuelle, ni de la construction de la future... Où, quand, comment, pourquoi et, surtout, à quel prix construirait-on un nouveau sta- de ? Mais je ne m'inquiète pas. Quelle que soit la solution envisagée, le Van Damme n'est pas menacé ! Les décideurs politiques savent sa contribution à la notoriété de Bruxelles et ils m'ont toujours assuré d'une solution pour la pérennité de l'événement. Et nul n'ignore que le Mémorial a encore été élu meilleur meeting d'athlétisme du monde." Qu'on s'oriente donc vers la construction d'un ou deux stades, selon que le monde du foot accepte ou non de côtoyer celui de l'athlétisme, voire d'autres. "Je ne vois pas pourquoi, si le stade Roi Baudouin est démoli, on ne pourrait pas construire, là ou ailleurs, à Schaerbeek par exemple, un stade avec une piste susceptible d'être recouverte par des tribunes comme c'est le cas au stade de France !"

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