Mayweather-Pacquiao: deux stars au sommet de la boxe-business

Floyd Mayweather Jr et Manny Pacquiao ont rendez-vous avec l’histoire ce samedi. Présentation du combat du siècle.

Laurent Monbaillu
ADVANCE FOR WEEKEND EDITIONS, APRIL 25-26 - FILE - In this March 11, 2015, file photo, boxers Floyd Mayweather Jr., left, and Manny Pacquiao, of the Philippines, pose for photos after a news conference in Los Angeles. This is not Hagler-Hearns or Tyson vs. Anyone. Floyd Mayweather Jr. is the greatest defensive boxer in history, and Manny Pacquiao hasn't shown knockout power in a while. Expect this fight to go to the scorecards. (AP Photo/Jae C. Hong, File)
ADVANCE FOR WEEKEND EDITIONS, APRIL 25-26 - FILE - In this March 11, 2015, file photo, boxers Floyd Mayweather Jr., left, and Manny Pacquiao, of the Philippines, pose for photos after a news conference in Los Angeles. This is not Hagler-Hearns or Tyson vs. Anyone. Floyd Mayweather Jr. is the greatest defensive boxer in history, and Manny Pacquiao hasn't shown knockout power in a while. Expect this fight to go to the scorecards. (AP Photo/Jae C. Hong, File) ©AP

Floyd Mayweather Jr et Manny Pacquiao ont rendez-vous avec l’histoire ce samedi. 

Le 20 février, en apposant leur signature au bas d’un contrat scellant les conditions de leur affrontement, ce samedi 2 mai au MGM Grand de Las Vegas, Floyd Mayweather Jr et Manny Pacquiao ont mis fin à une attente de plus de cinq ans pour tous les amateurs de boxe.

Flash-back. Nous sommes en 2009, et le pugiliste américain officialise son retour sur les rings après un an et demi d’inactivité. Une décision prise - même s’il se refusera à l’avouer publiquement - sous la pression, déjà, de Manny Pacquiao, vainqueur successivement d’Oscar De la Hoya et de Ricky Hatton, soit les deux dernières victimes de Mayweather.

Dès ce moment, chacun se prendra à rêver d’un combat opposant les deux meilleurs boxeurs du moment. "S’il le veut, on peut faire ce combat !" assure même le Pretty Boy de la boxe US. Mais c’est généralement au moment où les choses paraissent les plus simples, dans ce milieu, qu’elles se révèlent en réalité les plus compliquées. À combien s’élèvera la bourse des boxeurs ? Quelle sera la répartition des revenus ? Quelle télévision américaine diffusera le combat sachant que chacun est soutenu par un diffuseur différent ? Autant d’obstacles sur lesquels achopperont les premières négociations…

Et les choses ne s’arrangeront pas avec les accusations de dopage lancées, en 2010, par le clan Mayweather à l’adresse de Pacquiao après le refus de ce dernier de se soumettre aux modalités proposées. Face à l’action judiciaire intentée par le Philippin pour diffamation, une solution à l’amiable - un chèque "à 7 chiffres" selon certaines sources - sera trouvée par les deux parties.

Pour l’aspect sportif, en revanche, pas de solution en vue à court ni même à moyen terme : les deux protagonistes affronteront donc différents adversaires dans l’intervalle. Seul hic, Manny Pacquiao connaîtra la défaite à deux reprises : la première, face à Tim Bradley, donné vainqueur aux points, est très injuste alors que la seconde intervient par K.-O. face à Juan Manuel Marquez, l’un des cinq adversaires que Mayweather et Pacquaio ont en commun.

Onze mois plus tard, le combattant asiatique refera pourtant surface contre Shane Mosley, puis prendra sa revanche face à Bradley et se repositionnera définitivement comme l’adversaire qu’il faut à Mayweather, entre-temps supérieur à Saul Alvarez et Marcos Maidana, ce dernier à deux reprises.

Après de nouveaux palabres, laissant penser qu’ils ne s’affronteront finalement jamais, l’esquisse d’un deal entre les deux hommes se dessinera dans le cadre incongru d’un match de NBA, fin janvier à Miami, où leur rencontre, cette fois sans intermédiaires, a permis de changer le cours de l’histoire. Trois semaines plus tard, le contrat était, en effet, signé…

"Ils ont tout négocié, même le droit de choisir la personne qui chantera leur hymne national !" explique le promoteur Bob Arum, tout heureux de pouvoir proposer, enfin, ce combat du siècle.

Plus de 400 millions de dollars de recettes

S’il faudra attendre samedi pour savoir si ce combat entre Floyd Mayweather Jr et Manny Pacquiao s’inscrira parmi les plus grands auxquels on ait assisté, il est, en tout cas, d’ores et déjà assuré de marquer l’histoire par les sommes d’argent qu’il va générer. La boxe-business à son apogée, en quelque sorte. Voici les principaux chiffres à retenir, dont ESPN s’est fait l’écho ces dernières semaines.

Billetterie : 74 millions $

Le montant des revenus liés à la seule billetterie est évalué à 74 millions de dollars, une somme qui est près de quatre fois supérieure au précédent record (20.003.150 $, en 2013, pour Mayweather Jr-Alvarez).

Pay-per-view : plus de 300 millions $

Il ne s’agit que d’une projection mais elle atteste de l’ampleur de la hype qui entoure ce combat. Le nombre attendu d’achats en pay-per-view, rien que pour les États-Unis, le Canada et Porto Rico, est évalué à 3 millions. À près de 100 dollars par ménage, on atteindrait donc facilement des revenus se situant autour de 300 millions de dollars pour la partie domestique du pay-per-view. À titre de comparaison, le record actuel de 2,4 millions d’achats a été établi pour le combat ayant opposé, en 2007, Floyd Mayweather à Oscar De la Hoya.

Droits télé : 35 millions $

La vente des droits télé dans les pays étrangers pourrait rapporter une manne de 35 millions de dollars. Rien que grâce aux Philippines, où la chaîne Solar Sports a fait main basse sur les droits de diffusion, le combat engendrera un bénéfice de 10 millions $. La Grande-Bretagne, où Sky Sports a emporté la mise, se présente, elle aussi, comme un diffuseur important. En France, le combat sera retransmis en direct sur Ma Chaîne Sport.

Sponsoring : 13,2 millions $

Avec le merchandising, le sponsoring - la barre minimale pour un deal a été placée à 1 million de dollars - constituera une autre source importante de revenus. Les accords conclus avec les cinq partenaires titres de l’événement - la marque de bière Tecate (pour 5,6 millions), Paramount Pictures/Skydance Productions, The Weinstein Company, le Conseil de promotion touristique mexicain, et la société philippine de télécom Smart Communications, - rapporteront au total 13,2 millions de dollars. Un montant là aussi largement supérieur au plafond atteint auparavant par un combat de Floyd Mayweather Jr et n’excédant pas 4 millions $.

L’exclusivité belge pour Betv

"C’était un rendez-vous absolument immanquable pour nos abonnés, je n’aurais pas voulu que l’on passe à côté !"

Serge Radermacher, le spécialiste boxe de la chaîne Betv, est aux anges : ce samedi, il sera, en effet, au poste pour assurer le commentaire du combat entre Mayweather et Pacquiao, son employeur, habitué à travailler sur les événements étiquetés HBO, ayant acheté les droits de diffusion pour la partie francophone du pays. "C’est un investissement important pour la chaîne mais je suis convaincu que le spectacle sera au rendez-vous."

Un spectacle dont même les non-abonnées pourront profiter en s’acquittant de la somme de 9,99 € pour l’obtention d’un Pass 24h (www.betvgo.be). Pour l’occasion, et en l’absence de son collègue habituel Marc Vanvinkenroije, Serge Radermacher sera épaulé, dans une formule à trois "à l’américaine", par l’ancien pro Patrick Vungbo ("pour l’aspect technique"), qui a déjà œuvré sur de précédentes émissions, et par Stéphane Streker, "un vrai passionné avec qui je pourrais parler de boxe pendant des heures et qui amènera sa vision des choses sur l’événement".

Lequel suscite un engouement auquel on n’a plus assisté depuis le début des années 2000. "Ce sont deux immenses champions, certes vieillissants, mais leur duel ne sera pas forcément moins intéressant que ce qu’il aurait été il y a cinq ou six ans. Dans le même genre d’opposition, je me souviens d’affrontements entre Arturo Gatti et Micky Ward qui ont passionné les foules. Mayweather et Pacquiao ont chacun leur style et si l’Américain ne devrait pas réserver de grosse surprise dans sa manière de boxer, la clé réside, selon moi, dans la capacité de Pacquiao à imprimer sa vitesse pendant plus ou moins longtemps…"

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be