Rudy Lahor: "Les Jeux mondiaux ont souvent servi d’antichambre des JO"

Rudy Lahor sera chef d’une délégation forte de 110 personnes, dont 75 sportifs, du 7 au 17 juillet, à Birmingham (USA).

Rudy Lahor: "Les Jeux mondiaux ont souvent servi d’antichambre des JO"
©BELGA

Après Cali (Colombie) en 2013 et Wroclaw (Pologne) en 2017, Rudy Lahor emmènera pour la troisième fois la délégation belge aux Jeux mondiaux qui se tiendront du 7 au 17 juillet, à Birmingham (États-Unis). Une mission importante pour le dirigeant du COIB puisque ce ne sont pas moins de 110 personnes, dont 75 sportifs, qui effectueront le déplacement en Alabama, à l’occasion de cet événement multisport rassemblant des disciplines non-inscrites au programme des Jeux olympiques.

Créés en 1981, à Santa Clara, les "World Games" ont lieu, comme les JO, tous les quatre ans. Et, comme les JO de Tokyo, ils ont été reportés d’un an en raison de la crise sanitaire due au Covid-19. Pas de quoi entamer l’enthousiasme de notre chef de délégation, prêt à encadrer les participants avec toute son équipe. Mais pourquoi le COIB est-il impliqué dans ce rendez-vous… non-olympique ?

"La réponse tient dans le nom du COIB : Comité olympique et interfédéral belge ! Le mot interfédéral signifie qu’une large majorité des fédérations non-olympiques sont affiliées à notre institution qui, dès lors, les soutient. De manière générale, en intervenant financièrement lors des rendez-vous internationaux et aussi, en particulier, à l’occasion des Jeux mondiaux. Le COIB garantit la participation de la Belgique, prenant en charge les frais de déplacement, d’hébergement et d’encadrement, notamment médical avec un médecin et deux kinés à disposition des sportifs."

Si les JO sont pour de nombreux athlètes, judokas, nageurs et gymnastes le sommet de leur carrière, les "JM" le sont pour d’autres, dont la discipline (parfois le sport…) ne figure pas au programme olympique. Un bon exemple ? La gym acrobatique !

"La frontière entre olympique et non-olympique est délicate à définir, d’autant que les Jeux mondiaux ont souvent servi d’antichambre des JO. Le badminton, le taekwondo et le rugby à sept sont ainsi passés par les Jeux mondiaux avant d’être intégrés au programme olympique, respectivement en 1992, 2000 et 2016. De même, le triathlon figurait aux Jeux mondiaux avant d’être repris aux JO en 2000, à Sydney, alors que son "petit frère", le duathlon, se disputera encore à Birmingham."

Pour ajouter un peu de confusion, que Rudy Lahor essaie de dissiper, certains sports effectuent un "aller-retour" comme le karaté, au programme des JO de Tokyo, mais pas de Paris. Le cas de l’escalade est encore plus compliqué puisque ce sport, présent à Tokyo, est maintenu à Paris, mais figure également à Birmingham !

"C’est vrai… Au sein même de certains sports, il y a parfois plusieurs disciplines. C’est le cas de l’escalade qui, aux JO, a lieu sous forme de combiné et, aux "JM", est divisée en trois parties, la vitesse, le bloc et le lead. Mais, au-delà, ce qu’il faut surtout retenir, c’est que les Jeux mondiaux anticipent la rénovation avec des sports ou des disciplines plus attractives, pouvant susciter plus d’intérêt auprès du grand public et, en particulier, des jeunes. L’exemple le plus frappant est le breakdance qui figure au programme cet été à Birmingham et le sera également en 2024 à Paris."

Les Jeux mondiaux sont aussi l’occasion de découvrir des sports moins médiatisés tels que le billard, la pétanque, le roller ou le sauvetage, voire plus funs comme le… tir à la corde, où la Belgique aligne une équipe !

En 2017, à Wroclaw, nos représentants avaient décroché 24 médailles, dans 9 sports. Avec 75 sportifs alignés, dans 19 sports, à Birmingham, Rudy Lahor affiche des ambitions très élevées. Mais précise… "Bart Swings (3) et Sandrine Tas (6) avaient, à eux deux, décroché neuf médailles il y a cinq ans en Pologne ! Et, à l'époque, nous avions imposé des critères sportifs très stricts. La sélection avait pour base un potentiel médaillable. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, où les fédérations ont été libres de sélectionner leurs sportifs, tenant compte des quotas. Ceci dit, nous sommes très contents de l'intérêt des fédés pour cet événement qui verra évoluer d'excellents sportifs, à l'instar de Bart Swings, notre champion olympique de patinage sur glace (mass-start), d'Eddy Merckx, le joueur de billard, mais aussi nos gymnastes, parmi les meilleurs mondiaux, tout comme notre équipe de korfball. J'attends aussi beaucoup de nos duathlètes. La Belgique ne manque pas d'atouts pour conquérir des podiums."

Compte tenu du décalage horaire (sept heures), nos sportifs bénéficieront d’une certaine latitude au niveau de leur arrivée sur place.

"Normalement, ils arrivent au Village des athlètes trois jours avant et repartent un jour après leur compétition. Mais nous comprenons que les duathlètes, par exemple, arrivent plus tôt, à charge de leur fédération de mettre en place leur séjour. De même, nous essayerons que chaque sportif puisse assister à l’une des deux cérémonies, ouverture ou clôture, selon son entrée en lice. C’est un moment unique dans une carrière…"

Rendez-vous est pris entre le 7 et le 17 juillet !

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