Le sauvetage sportif, une discipline des Jeux mondiaux: "J’ai accroché car les épreuves sont diversifiées et ludiques"

Aurélie Romanini (35 ans) s’est découvert une deuxième passion après la natation.

Le sauvetage sportif, une discipline des Jeux mondiaux: "J’ai accroché car les épreuves sont diversifiées et ludiques"

Romanini est un nom bien connu dans le milieu de la natation belge. Et pour cause. Ils sont quatre dans la famille à avoir pratiqué ce sport, dont deux au plus haut niveau. Il y a Pierre-Yves (37 ans), d’abord, spécialiste du 50 et 100 m libre, mais aussi membre de notre relais 4x200 m à l’Euro et au Mondial. Il y a Aurélie (35 ans), ensuite, douée en dos, mais reconvertie sur 50 et 100 m libre également.

"Et puis, il y a Anne-Laurence, ma grande sœur, qui n'a pas percé et Clément, mon petit frère, qui n'a pas persévéré !" confie Aurélie, passée elle-même au sauvetage sportif en 2014 et médaillée d'or dans cette discipline lors des derniers Jeux mondiaux, en 2017, à Wroclaw. "C'était en relais 4x25 m mannequin avec Sofie Boogaerts, Stefanie Lindekens et Bieke Vandenabeele. Et avec un record du monde à la clé…" précise, fièrement, la Carolorégienne, habitant désormais Mont-Saint-Guibert, en Brabant wallon, pour se rapprocher de ses lieux de travail et d'entraînement. Rencontre avec une passionnée…

Aurélie, comment êtes-vous venue à la natation et, ensuite, au sauvetage sportif ?

"Comme pour mes frères et sœur, ce sont mes parents qui m’ont inscrite aux cours de bébé nageur, à Montignies-sur-Sambre. C’est là que j’ai donc appris à nager. Mais, dans mon enfance, j’ai pratiqué d’autres sports : le judo, la gym, l’athlé. Sous forme de loisir. À l’époque, j’avais également des activités artistiques et musicales. J’ai joué du piano jusqu’à l’âge de 10 ans. C’est ma mère qui se chargeait de me conduire. Pareil pour mes frères et sœur. C’était un job à temps plein ! Pour revenir à la natation, j’ai participé à mes premières compétitions vers l’âge de 8 ans. En fait, j’ai suivi Pierre-Yves dans un autre club, à Gilly. L’entraîneur nous trouvait assez doués et les résultats ont suivi. Parallèlement, j’ai étudié l’éducation physique, dont je suis diplômée, à Louvain-la-Neuve. Dans ce cadre-là, j’ai été contactée par un club de sauvetage sportif pour disputer une compétition. C’était fin 2013. Et j’ai immédiatement accroché ! J’avais besoin d’air et les épreuves avaient lieu en eau libre. En outre, c’était diversifié, ludique. Bref, une heureuse découverte."

Qu’entend-on exactement par sauvetage sportif ?

"Tout d’abord, il faut savoir que les compétitions ont lieu à la fois en eau libre et en piscine. Pour les Jeux mondiaux, c’est en piscine. Il y a six épreuves individuelles et cinq en relais. Je suis qualifiée pour le 50 m mannequin, l’une de mes deux spécialités. L’autre, le 100 m combiné, ne figure pas au programme. Pour le 50 m mannequin, il faut nager 25 m, plonger, récupérer un mannequin de 80 kg à une profondeur de 2 ou 3 m et le remorquer sur 25 m en un minimum de temps. Pour le 100 m combiné, il faut nager 50 m, de suite après le virage poursuivre en apnée sur 17,5 m, récupérer le mannequin, puis le remorquer sur 32,5 m, toujours le plus vite possible. Il y a, bien sûr, d’autres épreuves comme le 200 m obstacles, le 100 m remorquage mannequin avec palmes, le 100 m sauvetage mannequin avec palmes et bouée tube et, enfin, le 200 m toutes techniques ou "super sauveteur" !"

Votre sport vous a-t-il déjà servi dans la vie quotidienne ?

"Une fois seulement, j’ai dû porter assistance à une personne qui avait perdu ses repères en mer dans le cadre d’un stage de triathlon."

À 35 ans, votre sport de haut niveau et votre profession sont-ils conciliables ?

"J’ai actuellement deux mi-temps. L’un comme enseignante à la Haute École Léonard De Vinci, à Bruxelles, où j’aide à la formation d’éducateurs socio-sportifs. L’autre à la Ligue francophone de Sauvetage, à Louvain-la-Neuve, où je m’entraîne comme je peux. Je nage quatre fois par semaine, environ une heure et demie, en plus d’une séance de mobilité pour travailler ma souplesse. Heureusement, il y a les vacances scolaires, avec lesquelles j’aligne mes stages. Et là, je m’entraîne de manière intensive, deux fois par jour."

Quel est le niveau du sauvetage sportif en Belgique ?

"Écoutez, avant la crise sanitaire, il y avait une dizaine de clubs, comme le mien, le Boust, à Louvain-la-Neuve. Mais notre sport a été à l’arrêt pendant deux ans et il est désormais en état de survie !"

Après l’or en 2017, avec quelle ambition vous alignez-vous aux Jeux mondiaux ?

"J’espère au moins une médaille. Il y a quatre ans, nous avions décroché l’or en relais. Pourquoi pas en individuel ? Mais la concurrence est très forte. Quoi qu’il en soit, ce sera encore une belle expérience. Et puis, il y aura également le Mondial, fin septembre. Il a lieu tous les deux ans, en alternance avec l’Euro. En tout cas, l’envie de prester au plus haut niveau est toujours là. Et le soutien de l’Adeps m’encourage vraiment à poursuivre ma carrière sportive."

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