Jérémy Lorsignol, un Belge adepte du parkour: "Enfant, j’aimais vivre la tête en bas ! Et j’aime toujours…"

Jérémy Lorsignol (36 ans) a une âme d’artiste du déplacement en milieu urbain ou naturel.

Jérémy Lorsignol, un Belge adepte du parkour: "Enfant, j’aimais vivre la tête en bas ! Et j’aime toujours…"

Avec des parents tous deux profs d’éducation physique, Jérémy Lorsignol est tombé dans le sport dès le plus jeune âge. Touche-à-tout, il a pratiqué le tennis, le basket et la gymnastique, de 6 à 12 ans, à Charleroi.

"J’aimais vivre la tête en bas !" sourit le Carolo de 36 ans, né à Sambreville et habitant désormais Mellet, entre Fleurus et Gosselies. "Je progressais bien, malgré toutes mes bêtises. Mais, quand mon entraîneur a arrêté, j’ai aussi arrêté. Je me suis mis au ju-jitsu. J’ai joué au foot dans la région, à Lambusart. Pour le plaisir d’être avec mes copains. Quand on me montait en national, je ne me rendais plus à l’entraînement. Et je redescendais avec mes potes. C’est avec eux que j’étais le plus heureux."

Et puis, la passion de la gym a repris Jérémy, au hasard d’une rencontre. Récit…

Jérémy, comment êtes-vous venu, ou plutôt revenu, à la gymnastique acrobatique ? Et, en particulier, au Parkour ?

"Vers l’âge de 17-18 ans, je me suis rendu compte que la gym m’avait manqué en rencontrant un copain, Sébastien Bouvy, qui pratiquait le Parkour. C’est en m’entraînant avec lui que j’ai recommencé et qu’à 36 ans maintenant, je pratique toujours cette discipline qui me procure beaucoup de liberté."

Allons droit au but : qu’est-ce que le Parkour ?

"Le Parkour est une discipline basée sur l’art du déplacement ou l’efficacité du mouvement. Il consiste à se déplacer le plus rapidement possible d’un point A à un point B en franchissant des obstacles urbains ou naturels par des mouvements rapides et agiles, sans l’aide de matériel. Il a été popularisé par le Français David Belle qui a joué dans le film "Banlieue 13". Un très bon film ! À l’intérieur de la discipline, il y a deux aspects : la vitesse et le style, ce qu’on appelle "free running". J’avoue que j’ai un penchant pour celui-ci parce qu’il laisse une entière liberté au pratiquant, qu’on appelle "traceur", dans la manière de franchir les obstacles, souvent des barres ou des murs."

Y a-t-il beaucoup de compétitions, en Belgique ou à travers le monde ?

"La discipline étant assez jeune, il n’y a pour le moment que des Coupes du monde. La dernière en date s’est déroulée fin mai, à Montpellier, où je me suis d’ailleurs blessé suite à une chute. C’était en "free style". J’avais envie d’une figure en fin de parcours, sans jeu de mots. Je me suis dit : "Ça passe ou ça casse !" Et ce n’est pas passé… Je suis assez têtu. Heureusement, rien de grave. Mon meilleur résultat date de 2018, à Hiroshima, où j’ai pris la deuxième place en vitesse. Pour en revenir aux compétitions, il faut savoir que la Fédération internationale de gymnastique (FIG) a reconnu la discipline. Mais, en même temps, elle tente de la réglementer, de la codifier. D’où une situation un peu conflictuelle avec la communauté Parkour, éprise de liberté."

Les Jeux mondiaux constituent-ils une aubaine pour vous et votre discipline ?

"Bien sûr ! Ce sera l’occasion d’un peu nous médiatiser, même si l’intérêt des jeunes pour le Parkour est déjà énorme. Je suis moi-même prof d’éducation physique à l’Institut Notre-Dame, à Fleurus, et je vois bien que, quand mes élèves ont le choix entre deux heures de gym et deux heures de Parkour, ils sont plus attirés par celui-ci. Maintenant, pour être honnête, je ne suis pas dingue de la compétition. Le Parkour est une passion. Peu importe le résultat. J’ai plus une âme d’artiste que de compétiteur ! À côté des Coupes du monde, il y a des événements, style "Urban Session", qui rassemblent des membres de notre communauté et où on peut rivaliser sans qu’il y ait forcément un classement."

Combien y a-t-il de pratiquants du Parkour en Belgique ?

"Impossible de vous répondre ! Tout ce que je sais, c’est que nous sommes trois ou quatre à disputer des compétitions. Et encore, je ne me rends pas partout parce que ça coûte cher. J’ai le statut de sportif de haut niveau qui me permet de disposer de certaines facilités au niveau de l’entraînement, mais je n’ai pas de contrat. Les frais de voyage sont à ma charge, même si j’ai la chance d’être toujours soutenu par mon club et la fédé."

Quel est votre club ?

"C’est plutôt une salle à Naninnes, près de Namur : le "Nozaru", un nom issu de la culture ninja et signifiant "Singe des montagnes". Elle est tenue par un copain qui propose des stages, de tous âges. C’est sympa !"

Revenons aux Jeux mondiaux. Quel est donc votre objectif à Birmingham ?

"Ne pas me blesser ! Et puis réaliser un "run" qui me plaît. Et pourquoi pas réussir un top 3. Mais, franchement, je ne sais pas si j’en suis capable. D’autant que je n’ai pas vraiment d’idée de la concurrence que je rencontrerai. Mais je le répète : pour moi, ce n’est pas l’essentiel ! Je suis là pour le plaisir. Ni pour la gloire, ni pour l’argent !"

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