Les spectateurs ne sont certes pas encore admis à effectuer leur retour dans les soirées de boxe anglaise mais les captations de combats et leur diffusion (payante) sur différentes plateformes commencent à se multiplier. Ceux qui avaient acheté le lien pour le gala ‘All Eyez on Brussels’ organisé ce dimanche au Naito Gym, une salle jouxtant le stade Roi Baudouin, n’ont certainement pas regretté d’avoir déboursé 7,99 euros. Yassine Maatala proposait, en effet, une affiche de qualité mêlant boxeurs belges et internationaux, jeunes talents et boxeurs confirmés et, pour la plupart des neuf combats, des oppositions équilibrées et intéressantes.

Ce fut notamment l’occasion d’apprécier un ancien et authentique champion du monde, l’Ougandais Kassim ‘The Dream’ Ouma (photo ci-dessus). Celui-ci a détenu en 2004 et 2005 le titre IBF des super-welters (qu’il a défendu victorieusement) et a perdu deux championnats du monde face à Jermaine Taylor (pour les ceintures WBC et WBO des moyens) aux points, en 2006, puis face à Gennady Golovkin (pour la ceinture WBA), par K.-O. technique, en 2011. Agé aujourd’hui de 42 ans, Ouma (29-15-1) est venu à Bruxelles pour affronter le néo-pro irlandais Tony Browne, s’inclinant aux points à l’issue des huit rounds, mais il a étalé tout son métier pendant les quelques minutes passées sur le ring et il a démontré qu’il avait toujours un sacré coup d’oeil.

Après les victoires convaincantes de nos Bruxellois Anas et Nabil Messaoudi, le Suédois Oscar Ahlin, dans un combat ayant pour enjeu le titre IBO Continental des poids mi-lourds, a sué sang et eau pour venir à bout du très coriace Alpay Yaman même si sa victoire aux points n’a pas fait l’ombre d’un pli. Elégant, puissant et disposant d’un excellent jab, Ahlin a pris la première partie du combat assez nettement à son compte mais, la fatigue aidant, il a contenu beaucoup plus difficilement les assauts d’un adversaire rageur à qui le titre avait déjà échappé une première fois en 2019. L’Allemand a réussi à toucher solidement le Golden boy nordique mais, trop limité techniquement, il n’a pas réussi à convaincre les juges. Ahlin, 31 ans, décroche là sa 21e victoire en 23 combats et sa... première ceinture internationale.

© Frédéric Andrieu

Mais le meilleur était encore à venir avec le championnat IBO intercontinental de cette même catégorie des mi-lourds disputé en fin de soirée par Timour Nikarkhoev et Malik Zinad. Un sommet d’intensité dont le Lybien est sorti gagnant de magnifique façon, sa droite cueillant le Tchétchène de Belgique dans le neuvième round, contre le cours de ce duel. Mais en boxe, un seul coup peut changer la face d’un combat et Nikarkhoev, pourtant pleinement retrouvé et auteur d’une très prestation très généreuse, l’a appris à ses dépens.

© Frédéric Andrieu