Devant plus de 2500 personnes réunies au Palais 12 de Bruxelles, l’espoir de la boxe belge Anas Messaoudi a remporté le titre Benelux des poids welters (-66,678 kg), ce samedi, au détriment du Français Cédrick Peynaud.

Boxant sous licence luxembourgeoise, ce dernier s’est nettement incliné aux points (99-90, 99-90, 99-91), un écart traduisant bien la domination exercée par l’Ixellois durant les dix rounds de ce combat. Après une première reprise prudente, Anas Messaoudi, doté d’un excellent coup d’oeil, a rapidement pris les échanges à son compte en s’appuyant sur une puissance redoutable, tant avec sa droite qu’en crochet gauche, son adversaire chancelant à plusieurs reprises en fin de round. Ce fut encore le cas dans l’ultime reprise, notre compatriote signant là une 8e victoire chez les pros (6 avant la limite).

« C’est un premier cap de franchi dans ma carrière », juge Anas Messaoudi. « Le titre Benelux était vraiment mon objectif ces derniers mois et le champion, c’est moi désormais ! Je suis content du travail que j’ai effectué durant ma préparation, du staff mis en place autour de moi. C’est la première fois que je fais le poids en welters, le régime était très dur mais ça en valait la peine. C’est une victoire significative parce que mon adversaire n’a jamais perdu avant la limite et je savais que c’était un dur au mal. Il avait mis Conor Benn au tapis deux fois, il avait aussi battu Mohamed Kani, un boxeur très respecté en France, et décroché une ceinture internationale IBF, donc il avait des références.»

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Et le vainqueur de revenir sur le déroulement du combat. « J’ai rapidement pris le dessus en tapant très fort au corps. Je voulais montrer d’emblée que j’étais présent et l’atteindre un peu psychologiquement aussi », explique le Bruxellois. « Il était en mode défense et j’ai pu ensuite marquer mes points assez simplement. Il l’a échappé belle en fin de round à deux ou trois reprises. J’aurais voulu en terminer plus tôt mais c’était très difficile, il encaissait énormément, et j’aurais peut-être pris plus de coups aussi en me découvrant davantage. Je suis content quand même, c’était une belle victoire qui, je l’espère, va me lancer vers l’Europe. »

« Big Joe » expéditif

Parmi les autres combats pros, on retiendra la victoire très facile de « Big Joe » Tambwe face à John Cortez par K.-O. au premier round. Le néo-poids lourd, qui a soigné son entrée en scène, avait de quoi être un peu frustré par ce dénouement rapide mais il préférait voir les choses sous un angle positif. « C’est vrai que j’aurais voulu faire plaisir au public un peu plus longtemps mais je dois encore m’adapter à cette nouvelle catégorie. J’ai pu voir que je devais mieux gérer mes déplacements, mon souffle et mon tempérament, et mettre un véritable impact dans chacun de mes coups », souligne le grand gabarit, qui pourrait rejoindre le camp d’entraînement du Britannique Tyson Fury aux Etats-Unis dans les prochains jours.

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Mohamed El Marcouchi, vainqueur par K-O. au 3e round d’Agustin Lugo, et Sohaib El Sialiti, qui a démontré un potentiel intéressant face à Roman Ubina (K.-O. technique au 3e round), ont comblé leurs supporters. Tout comme Geram Eloyan, vainqueur par K.-O. au 2e round de Christopher Ben Cook, l’ancien champion de Belgique amateurs n’ayant rien perdu de ses qualités après deux années et demi sans combattre. Mention aussi pour Jamel Bahki qui a relevé le défi lancé par Bea Diallo et qui n’a pas ménagé sa peine pendant six rounds face au grand Jusuf Zornic dans un combat exhibition.

Chez les amateurs, deux victoires aux points sont à mettre au crédit de nos aspirants aux JO. Ziad El Mohor a dominé tranquillement Walid Hocini en -81kg tandis qu’Ibrahima Diallo a rendu une copie presque parfaite face à Jordan Tomasoni en -63 kg.

Diallo et Joval ont fait « un vrai combat »

Enfin, dans le dernier combat de la soirée, Bea Diallo (48 ans) et Raymond Joval (51 ans) se sont livrés pendant dix rounds de deux minutes au cours d’une exhibition qui n’en avait presque que le nom.

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« J’avais quand même pas mal de questions en montant sur le ring, notamment sur la manière dont on allait aborder ce combat », avoue Bea Diallo. «Au début j’osais à peine mettre un jab, je retenais mes coups, j’attendais un peu que lui s’engage pour entrer vraiment en action. Quand j’ai vu qu’il y allait, je me suis dit, OK je vais mettre un peu de vitesse, et je l’ai touché quelques fois. Je sais comment boxe Joval, c’est un gars qui met beaucoup la pression et qui bluffe beaucoup. De temps en temps il met un coup fort. Je voulais aussi lui montrer que je pouvais avancer et j’ai vu qu’il était parfois un peu déstabilisé. Au troisième round, après une droite, il a eu les jambes complètement coupées, alors j’ai reculé un peu avant de repartir. Et au cinquième, quand j’ai vu qu’il était ouvert à l’arcade, je suis allé au corps parce que je ne voulais pas qu’on arrête trop vite le combat. Mais de mon côté aussi, j’avoue que quelques coups sont passés, ce qui explique que j’ai le visage un peu marqué. On s’est pris au jeu et on peut dire qu’on a fait un vrai combat! »

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L’ancien champion IBF International affirme qu’il s’agissait de la dernière fois où le voyait sur le ring. « Je l’ai fait dans le cadre de Fight for Africa, afin de récolter des fonds, et à ce niveau-là le combat ne fait que commencer ! » dit-il. « L’objectif est d’aller sur place en Guinée, à partir de mardi, et de voir ce qu’il est possible de réaliser là-bas, de définir un vrai modèle et rendre la jeunesse autonome en lui donnant des outils pour ce faire. »