Le 13 juin 2021, soit une semaine après sa défaite au premier tour du Mondial, à Budapest, Anne-Sophie Jura annonçait qu’elle mettait un terme à sa carrière sportive de haut niveau. Une décision délicate que la judoka de Colfontaine a tenu à expliquer avec ces quelques mots, simples, honnêtes.

"Ce dimanche 6 juin, j’ai ressenti une émotion particulière après ma défaite. Pour la première fois, j’ai senti que je n’aurais plus l’occasion de me relever, du moins pas de cette manière, plus sur un tatami de compétition. Ce n’était pas dans mes plans, mais j’ai écouté cette voix à l’intérieur de moi. Depuis des semaines, je sentais mon corps de plus en plus usé mais, au-delà de la douleur physique, il y avait une fatigue mentale."

Anne-So a tourné la page du haut niveau, mais pas celle du sport, en particulier du judo qu’elle adore, monde où elle est toujours active. D’une autre manière.

"Tout changement fait peur, mais je ne voulais pas que cette peur prenne la décision à ma place. Lors de mes dernières compétitions, j’avais l’impression de foncer, tête baissée, dans un mur. Je ne prenais plus de plaisir à monter sur le tatami. Mais, comme parfois dans la vie quotidienne, on est enfermé par habitude, je l’étais dans mon monde de judoka. Et je me suis rendu compte que je devais en sortir."

Consultante pour la RTBF pendant les Jeux de Tokyo, qu’elle visait comme judoka, Anne-So est, ensuite, partie quelques jours en vacances.

"J’ai passé deux semaines en Italie, à la campagne parce que j’éprouvais le besoin de me retirer, de m’isoler. À mon retour, j’ai repris certaines activités sportives et, disons, professionnelles. Je suis remontée sur un tatami, début septembre, pour donner un entraînement dans mon club, à Frameries. J’ai envie de l’aider à revivre après la crise sanitaire qui a provoqué une hécatombe au niveau des affiliés, surtout chez les ados ! J’ai intégré l’équipe et, pour le moment, j’entraîne le groupe de compétiteurs."

Désireuse de partager son expérience, Anne-So a également déjà participé à trois conférences, avec l’Adeps, en tant qu’intervenante.

"Mon contrat de sportive de haut niveau se termine. Mais je suis en contact avec la cellule "Projet de Vie" qui organise des conférences sur le thème de l’implication parentale dans la carrière des jeunes sportifs. Je peux m’appuyer sur mes études en science de la famille et sur mon vécu. Concernant le rôle des parents, les attentes sont parfois énormes. J’en veux pour preuve le succès de nos trois rencontres à Namur, à Liège et à Mons, autant de centres de formation avec des sportifs sous statut, auxquels se sont jointes d’autres fédérations. Apprendre à gérer l’accompagnement d’un enfant ou d’un ado, à travers tous les aspects que cette implication sous-entend, est important, surtout quand plusieurs membres de la famille pratiquent un sport."

Avec la cellule "Projet de Vie", Anne-Sophie Jura est la personne la mieux placée pour apporter son vécu. Puisse, dès lors, cette fichue crise sanitaire se calmer pour lui permettre de développer ses activités d’un après-carrière vraiment plein de promesses.