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Le Bruxellois de 48 ans s’élancera de Londres pour rallier Paris en courant (140 km), en traversant la Manche (entre 35 et 65 km) et en roulant (290 km). Le dernier (?) défi d’une vie, au profit de Cap 48…

140 km à pied entre Londres et Douvres, de 35 à 65 km (selon les courants...) à la nage pour la traversée de la Manche et 290 km à vélo entre Calais et Paris. Les chiffres l’Enduroman donnent le tournis, sauf à Arnaud de Meester, ultra-triathlète bruxellois de 48 ans, qui s’est lancé un nouveau défi alors qu’il avait pourtant affirmé : "J’arrête !", au soir du 666 Island Challenge, épreuve avec pour distances 6 km de natation, 600 km à vélo, 60 km à pied, au mois de juin 2017.

"Oui, avec cet ultra-triathlon en Islande, je pensais avoir atteint le sommet dans le dépassement de soi. J’ai encore participé à deux épreuves au label Ironman, à Roth et à Vichy. Puis, en septembre, alors que j’étais au lit, j’ai visionné une vidéo de l’Enduroman, épreuve reliant Marble Arch, à Londres, à l’Arc de Triomphe, à Paris, et ça m’a parlé ! Le lendemain, j’en ai parlé à mon entraîneur Marc D’Herde qui, à ma manière de l’évoquer, a compris. J’avais posé ma candidature pour septembre 2019..."

Et nous y voilà ! Depuis le 1er septembre (J-15), Arnaud de Meester décompte officiellement les jours qui le séparent de ce nouveau challenge. Mais il y a deux ans qu’il y pense, un an qu’il s’y prépare activement. Car l’Enduroman n’est pas une épreuve ouverte à tout le monde. Elle exige des références dans le monde de l’ultra. Avec dix Ironman, le fameux "666" islandais, mais aussi d’autres défis longues distances, à pied ou à vélo, sur sa carte de visite, Arnaud de Meester n’en manquait pas et a donc été sélectionné pour y participer.

"C’est le dernier challenge de ma vie ! Et il me tient d’autant plus à cœur que ce sera au profit de Cap 48. J’espère que chaque kilomètre parcouru sera sponsorisé par un maximum de personnes pour donner une dimension plus belle encore à mon épreuve."

Car, au-delà de l’énorme investissement physique qui l’a forcément amené à s’isoler pour s’entraîner, pendant des heures, dans les trois disciplines du triathlon, Arnaud est un gars avec le coeur sur la main. Ému par l’histoire d’Ilias Benkaddour, jeune homme qui a perdu la jambe droite dans un accident l’an dernier, il s’est proposé de lever des fonds dans le cadre de Cap 48 pour l’achat de matériel d’athlétisme handisport. Objectif : récolter 20.000 euros.

En attendant, Arch 2 Arc (l’autre nom désignant l’Enduroman) est un sacré défi, qu’Arnaud de Meester a minutieusement préparé pendant un an, au rythme de six jours d’entraînement(s) par semaine, avec toute son équipe. Le plus délicat étant la fameuses traversée de la Manche, surnommée ni plus ni moins "l’Everest des nageurs", il s’est attaché les services d’un spécialiste de la nage en eau libre, Olivier Delfosse, qui l’a aidé à améliorer sa technique pour mieux "glisser sur l’eau". Si tant est que ce soit possible… "À pied ou à vélo, je gère !" lance-t-il.


Depuis 2001, ils sont 45 à avoir terminé l'Enduroman...

Après avoir essuyé deux échecs en 2000, le Britannique Edgar Ette, devenu directeur de l’épreuve, est le premier à avoir terminé l’Enduroman, reliant Marble Arch, à Londres, à l’Arc de Triomphe, Paris, en 2001. À l’époque, il a mis… 81h05 ! Tenant compte de la température de l’eau et des coefficients de marée dans la Manche, les tentatives ont toujours lieu entre juin et octobre.

Au 12 septembre 2019, avec l’arrivée de Kate Mason à 12h26 précises (après 98h19 d’efforts), 45 triathlètes individuels ont réussi à terminer l’épreuve, dont le record de 59 h 56, détenu par le Français Cyril Blanchard en 2016, a été amélioré à deux reprises cette année. Une première par le Belge Julien Deneyer, en 52h30, et une deuxième par l’Indien Mayank Vaid, en 50h24.

"Julien et cet Indien ont faussé tous mes calculs !" sourit Arnaud de Meester. "Mon objectif est de terminer, si possible en moins de 60 h, ce qui me permettrait d’approcher le record de 2016. Mais je ne me suis pas entraîné pour battre qui que ce soit dans la mesure où il s’agit d’un défi personnel. Ce serait beau de réussir, à 48 ans, pour Cap 48, un chrono de 48 heures. Mais il faut être réaliste : j’ai 48 ans, pas 35… Et puis, de toute façon, je préfère ne pas me mettre de chrono en tête car c’est le meilleur moyen de se planter. Même si j’ai quand même un plan de course."