Tia Hellebaut s'envole-t-elle vers une médaille aux Championnats d'Europe ?

BRUXELLES La carrière de Tia Hellebaut n'en finit plus de prendre de la hauteur. Détentrice d'un record de Belgique qui culminait à 1,95m au début de la saison, l'Anversoise a franchi, avec une remarquable régularité et un certain culot, les obstacles qui la séparaient encore des meilleures sauteuses au monde. Et, après avoir écrit une page de l'histoire de l'athlétisme belge, le 8 juillet dernier, à Paris, en franchissant 2,00m, voilà Tia Hellebaut, qui a reproduit sa performance vendredi à Rome, qui se positionne comme une candidate à une médaille lors des prochains Championnats d'Europe, sur les terres de... Kasja Bergqvist.

Tia, certains observateurs pensent que vous avez déjà atteint votre pic de forme. Qu'en est-il ?

"Je ne pense pas. J'ai travaillé pour être en condition optimale au mois d'août et je respecte parfaitement mes schémas d'entraînement. En fait, le scénario actuel est idéal. À Paris, les conditions étaient parfaites, avec une ambiance incroyable, et à Rome, mê-me si le public ne joue pour ainsi dire aucun rôle, le rêve s'est poursuivi, en quelque sorte. Deuxième à Oslo, troisième à Paris, deuxième à nouveau à Rome : quelle saison incroyable !"

Une hauteur de 2,00m, c'est pourtant devenu une réalité pour vous...

"Oui, c'est vrai. Et en toute logique, la prochaine étape, c'est 2,01m."

Mais vous avez déjà tenté 2,02m, à Paris et à Rome, et, vendredi, ce n'est pas passé loin. Quelle hauteur est-il, selon vous, exclu de vous voir franchir un jour ?

"2,05m, ça me paraît tout à fait improbable. Et puis, 2,04m, 2,03... Non, je plaisante. Ces hauteurs-là, il faudra d'abord que j'essaie avant de dire que c'est impossible."

Qu'est-ce qui a changé dans votre approche du sport pour vous situer maintenant parmi les meilleures au monde ?

"C'est Wim Vandeven, mon entraîneur (NdlR : et petit ami), qui m'a décidée à prendre ma carrière d'athlète en main en 1999. Il n'acceptait de m'entraîner que si je me consacrais à l'athlétisme à 100 %. J'ai dû perdre quelques kilos et faire des sacrifices. Puis, cet hiver, j'ai réellement pris conscience de mes possibilités à la hauteur. J'ai alors suivi mon instinct en faisant une croix sur les épreuves multiples, après avoir amélioré le record d'Ingrid Didden, et je n'ai évidemment pas regretté mon choix une seule seconde. Mais je n'oublie pas que je suis devenue une meilleure athlète, plus complète, grâce à l'heptathlon. Mes adversaires disent d'ailleurs de moi que j'ai la meilleure condition physique d'entre toutes. Je crois, en effet, que c'est le cas."

Qu'est-ce qui peut vous empêcher de décrocher une médaille, le mois prochain, à Göteborg ?

"Tout dépendra de la forme du jour. Jusqu'à présent, je me suis montrée la plus régulière en compétition mais cela ne veut rien dire. La médaille d'or, à mon avis, sera pour Kasja Bergqvist ou pour Yelena Slesarenko. Blanka Vlasic, elle, ne domine pas toujours ses nerfs. Cela peut être ma chance. Je n'aurai rien à perdre en Suède et ce serait vraiment fort de terminer à la troisième place !"



© La Dernière Heure 2006