Carole Bam, la coach des Belgian Cheetahs, déplore: "À la moindre erreur, on menace de me faire sauter"

À la tête du relais féminin 4x400m depuis 2018, elle ne se sent pas suffisamment soutenue par la fédération.

Carole Bam, la coach des Belgian Cheetahs, déplore: "À la moindre erreur, on menace de me faire sauter"
©BELGA

À quarante-huit heures des séries du relais 4x400m, Jacques Borlée et Carole Bam, les deux coaches de nos équipes nationales, rencontraient la presse, ce jeudi aux Mondiaux d’Eugene, pour préfacer les épreuves hommes et femmes.

Au plan sportif, on a appris que le premier allait probablement mettre au repos Alexander Doom, qui vient d'enchaîner trois courses (une avec le relais mixte et deux en individuel) même il n'a pas encore arrêté son équipe. "Julien Watrin devrait courir ce week-end, Christian Iguacel s'est bien entraîné cette semaine et Jonathan Sacoor revient progressivement sur le bon chemin", indique Jacques Borlée.

Carole Bam, qui dispose d'un peu moins de marge de manœuvre en séries et devra aligner l'équipe la plus forte, doit encore arrêter définitivement ses choix également. "Il faut bien reconnaître que Naomi (Van den Broeck) a connu une contre-perfomance sur 400m. Elle a été malade lors du stage – ce n'était pas le Covid - et on a dû diminuer très fort les entraînements. À la base, elle courait le mixte, mais on a décidé finalement de ne pas l'aligner. Camille (Laus) n'a pas déçu avec le mixte et en individuel, mais on sait qu'elle peut faire beaucoup mieux et je suis sûre qu'elle va le prouver avec le relais. Elle peut se transcender. Je dois encore discuter aussi avec Paulien (Couckuyt) mais je voulais attendre parce qu'elle était encore un peu trop émotive après le 400m haies. C'est difficile, il faut avoir les quatre bonnes filles, qui vont bien fonctionner ensemble."

Au-delà des considérations sportives, Carole Bam a aussi expliqué, dans un laïus empreint d'émotion, qu'elle ne se sentait pas suffisamment soutenue par la fédération. "Si je suis encore là, c'est parce que j'aime ce que je fais et que les filles me le rendent bien. Mon job me plaît, sinon j'aurais déjà abandonné. Parce que, de manière générale, ce n'est pas simple tous les jours au sein de la fédération, et je parle des deux ligues. Je trouve qu'on est très intolérant par rapport à ma personne, c'est en tout cas ce que je ressens."

A-t-elle l'impression de devoir prouver plus de choses parce qu'elle est une femme ? "Oui. Moi, je n'ai jamais droit à la moindre erreur, sinon on me menace de sauter. C'est beaucoup de menaces, tout le temps", répond-elle, avant de fondre en larmes. "Mais je n'ai pas envie de parler de ça maintenant."

À ses côtés, Jacques Borlée, le coach des Belgian Tornados, prend la défense de son homologue, dont le travail n'est semble-t-il pas assez valorisé : "Croyez-moi, ce n'est pas simple, Carole a vraiment beaucoup de mérite. Ses résultats sont exceptionnels depuis 2018 et les filles l'adorent, c'est le plus important."

Pour rappel, les Belgian Cheeetahs ont décroché ces dernières années une 4e place aux championnats d’Europe (2018), une 5e place à l’Euro indoor (2019), une 5e place aux championnats du monde (2019), une 6e place aux Mondiaux indoor (2022) et une 7e place aux Jeux olympiques de Tokyo (2021).

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