Jusqu'ici tout va bien. En quête des minima pour se qualifier pour les Jeux olympiques de Tokyo, Kevin Mayer a effectué la moitié du chemin en virant en tête du décathlon de La Réunion, à l'issue des cinq premières épreuves disputées vendredi.

Le recordman du monde (9126 points), obligé d'en passer par cet exercice après son abandon sur blessure aux Mondiaux de Doha en 2019, a cumulé 4350 points à mi-parcours alors que la barre pour obtenir le ticket pour les JO est placée à 8350. Tous les voyants sont donc pour l'instant au vert pour le Français (28 ans), qui n'a plus terminé un décathlon depuis plus de deux ans et n'avait pas caché cette semaine son "appréhension" avant de s'attaquer à la qualification olympique.

Notre compatriote Benjamin Hougardy occupe, quant à lui, la 7e place du classement provisoire avec 4025 points (11.00 – 7,23m – 13,55m, un record au poids – 1,97m – 49.93).

"Des réglages à faire"

Sous un ciel nuageux mais une forte chaleur (près de 30°), Mayer n'a pas forcé son talent et a certes eu du mal à se libérer mais il a été globalement très studieux, n'hésitant pas à assurer là où c'était nécessaire pour s'éviter une déconvenue et un score rédhibitoire pour la suite. Après une entrée en matière très solide sur 100 m (10.68 avec vent défavorable de 0,5 m/s), le champion du monde 2017 s'est ainsi fait une petite frayeur en mordant son premier essai à la longueur, faisant resurgir un bref instant le spectre de son zéro pointé sur la même épreuve aux Championnats d'Europe de Berlin en 2018.

Mais il s'est très vite repris (7,40 m) avant d'enchaîner par des performances honorables au poids (16,20 m), à la hauteur (1,97 m) et sur 400 m (48.87), parvenant à passer outre la "pression et le stress" qui le rongent dans sa recherche des minima. "J'étais en forme, j'ai pris beaucoup de plaisir et je n'ai pas ressenti de douleurs mais il y avait des réglages à faire, a-t-il réagi, totalement exténué à l'arrivée du 400 m. Donc il y a forcément des hauts et des bas mais je suis content parce que je sais que cette forme-là, réglée, ça peut faire très très très mal à Tokyo".

Il reste désormais à Mayer une dernière journée à bien négocier pour valider définitivement son billet pour Tokyo. Le concours de la perche, habituellement l'un de ses points forts (record personnel à 5,45 m en plein air, 5,60 m en salle), sera particulièrement scruté, le Français ayant des difficultés à sauter à l'entraînement depuis son abandon au cours de cette spécialité aux Mondiaux de Doha.

"Pour les minima, j'ai calculé mon décathlon avec 4,20 m à la perche, a-t-il lâché. Donc toutes les barres au-dessus seront du bonus. Cela fait plus de deux ans que je n'ai pas sauté en compétition mais 4,20 m, c'est quand même à ma portée."