Bashir Abdi s’élancera dans les rues de Tokyo pour le quatrième marathon de sa carrière, ce dimanche, après ceux de Rotterdam (2h10.46), Londres (2h07.03) et Chicago (2h06.14).

Le Gantois a voyagé depuis l’Ethiopie, où il avait établi son camp d’entraînement, vers le Japon, où il est arrivé en début de semaine, via Dubai.

"Dès notre arrivée à l’aéroport de Tokyo, nous avons reçu des masques de la part de l’organisation. Ici, tout le monde en porte, ce qui confère une atmosphère très particulière à la ville", explique Bashir Abdi.

Cette situation liée au coronavirus l’inquiète-t-il ? "Oui et non. Oui, parce que la situation sanitaire globale est quand même préoccupante. Et non, parce que j’ai été rassuré en voyant les informations en provenance de Belgique sur ce qui s’apparente à une grosse grippe. On peut quand même réussir à limiter les risques de contagion."

Il y a une dizaine de jours, les organisateurs du marathon de Tokyo ont annoncé que l’épreuve serait réservée aux athlètes d’élite et interdite aux 38 000 autres participants attendus. 

"J’ai craint que, dans un second temps, le marathon soit purement et simplement annulé et j’avais déjà envisagé un plan B", reprend Bashir Abdi. "Mais finalement il n’en a rien été et tant mieux ! Je tenais à me rendre à Tokyo avant les Jeux. C’était important, à mes yeux, d’avoir quelques repères au Japon avant d’y retourner cet été pour les Jeux olympiques (NdlR : le marathon aura lieu à Sapporo, à 800 km au nord de Tokyo), de ne pas être surpris par l’une ou l’autre particularité de ce pays et de pouvoir anticiper certaines choses. C’est sûr que ce sera un peu bizarre de disputer l’un des six grands marathons au monde sans la masse de participants. Ce sera un sacré contraste ! Mais cela ne changera évidemment rien à ma propre course."

Fort d’une préparation menée en altitude, en Ethiopie, au nord de la capitale Addis Abeba, où il a été rejoint par son entraîneur Gary Lough et par Mo Farah, notre compatriote se sent en très bonne condition.

"Je me suis vraiment bien entraîné !" dit-il. "Suluta est une endroit fantastique. En Ethopie, la course à pied est vraiment le sport n°1. La seule chose qui me manque un peu, c’est un vrai point de repère dans ma préparation. J’ai certes disputé et gagné un semi-marathon aux Pays-Bas mais le vent soufflait tellement fort ce jour-là que le chrono était insignifiant. Pour moi, ce n’est pas une course que je peux considérer comme une référence ou comme un bon test. Je manquerai donc peut-être un peu de rythme de course mais on verra bien. Je m’élance pour terminer à une bonne place, le chrono a moins d’importance à mes yeux."

Ce marathon de Tokyo servant à déterminer l’identité des derniers qualifiés japonais pour les Jeux olympiques, avec une prime d’un million de dollars en bonus si le record national de 2h05.50 venait à être battu (Yuta Shitara et Suguru Osako sont les principaux candidats), la course devrait être rapide. "Les temps de passage doivent encore être définis lors de la réunion technique qui aura lieu ce samedi, mais un bon chrono doit être possible. Un record de Belgique ? Je n’y pense pas, tout dépendra des circonstances de course. Encore une fois, ce n’est pas mon objectif."