Que ce fut dur. Mais dur. Pour atteindre notre objectif, il a fallu traverser le paysage. Passer de l'autre côté de la montagne et donc de la carte de la région.

L'étape numéro 8 de notre périple était la plus dure et la plus longue. Plus de six heures de marche pour franchir le Chola pass et arriver à Dzongla pour une nouvelle nuit aux alentours de 4.800 mètres.

Tous en seul morceau. Un petit miracle.

Dès les premiers mètres, peu après six heures du matin, plusieurs randonneurs ont lâché le troupeau. Lessivés et sans énergie, ils ont progressé à leur rythme pour tout de même franchir tous les obstacles.

Une longue côte qui nous a fait grimper jusqu'à 5. 100 mètres, d'abord. Le Chola Pass, ensuite.

Ce passage entre deux montagnes a été un massacre pour nos cuisses et nos têtes. Devant ce mur de pierre, tous n'ont eu qu'une seule pensée: "Ne peut-on pas sauter au-dessus, le contourner ou prendre un hélicoptère ? "

Nous n'en étions pas à ce point-là, mais la motivation n'était clairement pas au rendez-vous au moment de franchir ce col à 5. 380 mètres. Même Jonathan Sacoor, le plus calme de nos athlètes a souffert dans ce mur pour lequel il fallait s'agripper à une corde pour trouver son chemin à travers les pierres.

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Migraines et grand froid

Dans la côte, Jonathan Borlée souffre de grosses migraines et Kévin Borlée n'a jamais su se réchauffer. Il a dû pousser des râles pour respirer dans la montée. Encore un peu malade de la veille, Julien Watrin s'est économisé alors que Robin Vanderbemben semblait être le seul à ne pas galérer.

Il s'est carrément éclaté sur la descente qui a suivi. Une pente pourtant dangereuse car couverte de neige et de verglas.

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Chutes dans la neige

On a été témoin de plusieurs chutes, dont la mienne devant un Jonathan Borlée mort de rire qui a trébuché peu après.

Mal équipés, nous avons pris de gros risques à ne pas chausser de crampons. On nous avait parlé de 60 mètres à franchir sur la neige. Faites fois dix et vous aurez peut-être (une partie de) la réalité.

La suite a été plus calme. Mis à part un mur de gros rochers à dévaler, le reste de la journée a été tranquille. Voire même fastidieuse. Avec la fatigue nous avons traîné les pieds et notre spleen, profitant d'un décor digne des scènes hivernales du Seigneur des Anneaux. Nous avons même pris le temps de nous poser sur un gros rocher pour admirer les montagnes qui se dressaient devant nous. Quitte à passer la journée dans le dur, autant profiter du cadre.

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