Journée calme pour des Tornados encore une fois privés d'un bon sommeil. Ils ont marché en traînant un peu les pieds.

La route avait ses attraits mais elle était longue et légèrement lassante. La journée d'hier a laissé des traces et elles n'ont pas encore été effacées. La nuit était censée nous aider mais elle fut l'une des plus difficiles. Les chambres étaient froides et humides. Des conditions arrivées à un paroxysme négatif ce dimanche soir. Elles nous permettent d'ailleurs de tirer les leçons pour survivre dans les lodges qui nous accueillent depuis notre départ.



Leçon 1 : Aime le yack... et ses excréments 

Les Yacks sont nos amis. Quand ils ne passent pas à deux doigts de nous empaler sur des chemins escarpés, ils sont des êtres à chérir. Pas pour leur gros pelage qui réchauffe mais pour leurs excréments. Les lodges utilisent les matières fécales de ces grosses vaches des montagnes pour chauffer la pièce commune.

Les Népalais les écrasent sur les murs de pierre et les laissent sécher au soleil. Il n'est pas rare de voir le tenancier de l'établissement mettre des excréments dans le poêle central avant de retourner en cuisine. Délicieux. Le chauffage est une clé: il n'y en a pas dans les chambres et elles ne sont pas isolées. Le thermomètre affichait des températures frôlant le zéro le soir dans les chambres. Aller uriner durant la nuit est un combat de tous les instants.


Leçon 2: Apprends à faire des squats

Les toilettes sont une autre de nos préoccupations. Au plus on monte, nous sommes à 4. 950 mètres ce soir, au plus cela devient basique. Les toilettes turques sont les plus classiques dans les refuges. Mais avec deux toilettes pour tout un couloir, l'état laisse souvent à désirer.
Il faut donc trouver un équilibre parfait en position squat pour être le plus loin possible du sol. Avec des quadriceps bien usés, c'est du sport.

© D.R.

Leçon 3: Aies des bases de géométrie


Pour bien dormir en montagne et se lever avec un mal de tête atténué (c'est déjà ça vu qu'on a tous une barre qui nous colle au front), il faut dormir à 45 degrés. Sortez les équerres et calculez la position optimale. On a tenté de dormir en partie assis et à part avoir mal à la nuque et glisser vers le fond du lit, les résultats n'ont pas été probants. On dit que pour aller au sommet de l'Everest, il faut dormir à 90 degrés. On plaint les alpinistes.


Leçon 4: Connais tes voisins


Les murs entre les chambres sont en carton. La mauvaise isolation est thermique mais également sonore. Si un voisin ronfle à trois chambres, il faut sortir les bouchons pour espérer dormir. En se retournant face au mur, on a parfois l'impression d'arriver dans la chambre d'à côté.


Leçon 5: Apprends à apprécier ton odeur


Les douches sont rudimentaires. Dans certains refuges, elles consistent en un seau d'eau chaude percé déposé sur le plafond. De quoi rêver d'une douche italienne toute la nuit.  Et même quand elles sont plus ou moins correctes, la file est longue et il est déconseillé de se laver une fois le soleil couché.  À une certaine altitude, même à midi, sortir de la douche sans se sécher ultra-rapidement, c'est la pneumonie assurée. On commence donc à retrouver notre nature sauvage et l'odeur qui va avec. Pas sûr que le compagnon de chambre appréciera.