On l'a fait. L'objectif des deux semaines de randonnée est atteint. Le groupe est parvenu à rejoindre le camp de base de l'Everest. Un moment euphorique. De la joie partagée. 

Si le lieu est déserté à cette époque de l'année, il n'en reste pas moins symbolique. C'est là que les alpinistes sont basés et font des allers-retours vers les autres camps pour s'acclimater avant de tenter de gravir la plus haute montagne au monde. C'est pour cette symbolique et cette prise de conscience qu'on n'est rien face à ces géants de plus de 8.000 mètres et aux fous qui risquent leur vie dessus que Jacques Borlée a tenu à venir au Népal pour faire ce trek. 

Il a failli le regretter. La montée vers Gorak Shep, où nous logeons à 5.150 mètres a été très compliquée pour lui. Malade ces derniers jours, il était encore faible en matinée. Il est arrivé après tout le monde avec le visage tiré et a fini une bouteille de Coca et un gel énergétique avant de reprendre la route. Un chemin difficile qui l'a fait arriver auprès de nous pour encore prendre une gorgée de boisson sucrée et une partie de notre barre de céréales. Il nous a ensuite confié "ne jamais avoir autant souffert de (sa) vie."



Un peu plus loin sur le chemin, notre Sherpa nous a confié qu'il ne voulait pas le laisser monter jusqu'au camp de base. Qu'il devait se reposer quelques heures avant de faire le bilan. Sauf qu'on ne dit pas à Jacques Borlée qu'il doit s'arrêter. Il nous a rapidement affirmé qu'il irait au bout.
Ce qu'il a fait sous les applaudissements du reste du groupe lorsqu'il est arrivé au niveau du gros rocher marquant le camp de base et ses 5. 364 mètres.

Tout le groupe y est parvenu au terme d'une longue promenade éreintante au long d'un glacier. Des montagnes sublimes à perte de vue et même l'Everest qui a pointé le bout de son nez. Nous n'avons jamais été aussi proches de lui. Le chemin en sens inverse a été dur. Comme un retour de vacances, quand le trajet semble traîner et les souvenirs de vacances laissent place au retour au boulot. Il y avait certainement aussi un peu de relâchement vu le but atteint.

Les cuisses vont pourtant encore souffrir durant quelques jours. Demain, les Tornados et les derniers motivés iront affronter le Kala Pattar, un monstre de 5.550 mètres. Le point le plus haut du trek. Nous descendrons ensuite vers 3.800 mètres d'altitude pour dormir. De quoi faire plaisir à nos têtes mais certainement pas à nos cuisses.

© D.R.