C'était la journée test. Celle de la montée du Gokyo Ri, un sommet à 5.350 mètres d'altitude. Une sorte de garde gris veillant sur Gokyo et ses trois lacs.

Mais certainement pas sur les âmes de ceux qui tentent de le gravir. Une large partie du groupe, dont les six athlètes et leur coach Jacques Borlée, a décidé de tenter le coup dès 5h30 ce matin.
Lampe frontale vissée sur le front, nous avons bravé la nuit et une montagne pas des plus comodes. Les premières foulées ont été difficiles pour Jacques Borlée qui a confié avoir cru ne jamais arriver à bout de ce beau bébé qui nous forçait à prendre 600 mètres de dénivelé positif en seulement un peu plus de 1. 500 mètres. Soit une pente moyenne frôlant les 40%. Il l'a toutefois fait.

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Le courage des athlètes 

Kévin Borlée en a bavé. Bien plus que tous les autres. Dès les débuts de la côte, il a dû se résoudre à s'asseoir. Une méthode qu'il a répétée à l'envi, se couchant même parfois. "Au moins, j'avais une belle vue durant mes pauses", nous a-t-il lancé dans la descente.
Car, contrairement aux conseils de notre guide, il est allé au bout de l'effort. Au mental. Il est redescendu non sans difficulté et s'est effondré sur la table du petit-déjeuner. La deuxième partie de journée a été un véritable calvaire pour lui. Il a fait au mieux pour atteindre le refuge.
Robin Vanderbemben a aussi mordu sur sa chique. Malade ce matin, le Liégeois n'aurait pas dû se joindre à l'expédition mais a été convaincu par le mots de son ami Julien Watrin: "Tu seras mieux dehors que quatre heures dans ton lit." S'il n'était pas à son top au sommet, Vanderbemben a réussi à monter en ne buvant rien sauf quelques lampées de boisson isotonic.
Si nos deux athlètes ont encore une fois montré des capacités folles, c'est certainement Olivier, notre vétéran de l'aventure, qui a fermé quelques becs montant avec le sourire, en rythme et toujours avec une anecdote à raconter.

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Les yeux sur l'Everest 

Toutes l'équipe était dans ses petits souliers au retour de la promenade sur le Gokyo Ri. Au point de réclamer une pause rallongée pour recouvrir nos forces.
Nous en avons pris plein les cuisses mais aussi plein les yeux. L'Everest se dressait non loin de nous et d'autres sommets à plus de 8. 000 mètres pointaient le bout de leur nez. Des géants aux crânes blancs qui protègent la région en fatigant chaque touriste voulant les atteindre.
La seconde partie de journée (l'ascension n'avait pas rassasié nos guides) a été plus difficile. Marcher sur un glacier recouvert de rochers procure un sentiment spécial mais la traversée a été longue et fastidieuse, surtout pour nos organismes meurtris.
Pas de repos pour les braves. Nous recommencerons de bonne heure ce dimanche avec l'étape la plus longue du périple. En espérant que les membres du groupe ne connaissent pas une nouvelle nuit sans sommeil.

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