D'après la décision du Tribunal disciplinaire qui a procédé au jugement, le sprinter américain Christian Coleman, suspendu pour deux ans, avait d'abord manqué un premier test le 16 janvier 2019, qu'il n'a pas contesté.

Puis le 26 avril 2019, sa localisation sur le logiciel Adams indiquait sa présence à Lexington (Kentucky), alors qu'il se trouvait en fait dans l'Iowa à la compétition des Drake Relays. Appelé par un contrôleur, Coleman avait tenté de modifier ses informations après coup. Mais le tribunal a rappelé qu'un tel changement doit être effectué "aussi vite que possible", alors que Coleman se trouvait dans l'Iowa depuis deux jours.

Le recordman du monde du 60 m en salle (6.34) a également contesté son contrôle manqué du 9 décembre 2019.Ce jour-là, deux contrôleurs se présentent à sa porte de 19h15 à 20h15, sur son créneau de test d'une heure. Coleman n'est pas présent car il fait du shopping dans un centre commercial proche. Il assure qu'il est rentré brièvement chez lui vers 20h10 pour regarder le coup d'envoi d'un match de football américain, avant de ressortir.

Ses relevés d'achats montrent qu'il a fait des emplettes à partir de 19h13, à 19h53, puis d'autres courses à Walmart à 20h22. Le tribunal a jugé impossible qu'il ait eu le temps de rentrer chez lui puis de ressortir, vu les trajets, et que les contrôleurs l'auraient de toute façon vu passer devant eux si ça avait été le cas...

"L'impression qu'il ait pu avoir été prévenu pour des tests précédents"

Coleman et sa défense ont également pointé du doigt le fait que les contrôleurs n'avaient pas essayé de lui téléphoner pour le prévenir, un acte "pas obligatoire", a rappelé le tribunal.

Dans le rapport, le responsable des contrôles de l'AIU admet que l'instruction avait été donnée aux contrôleurs de ne pas appeler Coleman, car "l'athlète avait manqué quatre tests dans un passé relativement proche, ce qui est un signe d'alerte" et qu'il avait "l'impression que l'athlète avait pu avoir été prévenu pour des tests précédents."

Malgré sa défense, Coleman est ainsi le troisième champion du monde américain du 100 m suspendu pour dopage, après Tyson Gay et Justin Gatlin.