L'athlète de 23 ans est donc "sanctionnée par une période d'inéligibilité de deux ans" à compter de mercredi, en tenant compte de la suspension provisoire déjà purgée du 4 juin au 14 octobre 2020. Ses résultats sont par ailleurs effacés "à compter du 25 novembre 2019", ce qui laisse subsister son titre mondial acquis un mois plus tôt avec le troisième chrono le plus rapide de tous les temps (48.14), devançant celui de la Française Marie-José Pérec lors des JO-1996 d'Atlanta.

Saisie en appel, la juridiction suprême du monde sportif a invalidé la décision prise en octobre dernier par le tribunal disciplinaire de la Fédération internationale d'athlétisme, qui avait blanchi la spécialiste du tour de piste.

Salwa Eid Naser avait été suspendue provisoirement en juin 2020 avant d'être blanchie le 20 octobre de la même année par le tribunal disciplinaire de la Fédération internationale d'athlétisme. L'Unité d'intégrité de l'athlétisme (AIU) avait alors décidé de saisir le TAS.

L'AIU reprochait quatre manquements à Salwa Eid Naser: une erreur de renseignement (datée du 1er janvier 2019) et trois contrôles manqués les 12 mars 2019, 12 avril 2019 et 24 janvier 2020. Mais le tribunal de World Athletics avait décidé de rejeter le contrôle manqué d'avril 2019, rendant une sanction impossible.

Trois manquements aux obligations de localisation (un contrôle manqué, le "no show", ou des renseignements imprécis) en moins d'un an sont passibles de deux ans de suspension.

Sans dévoiler les motivations de sa sentence, le TAS déclare la Bahreïnie "coupable d'une violation de l'article 2.4" des règles antidopage de World Athletics, qui sanctionne trois manquements aux obligations de localisation en moins d'un an.

Salwa Eid Naser, déjà médaillée d'argent aux Mondiaux de 2017, était rentrée dans l'histoire en 2019 aux Championnats du monde à Doha (Qatar) en réalisant le 3e meilleur chrono de tous les temps sur le tour de piste (48.14).

La Nigériane d'origine, qui a pris la nationalité de son père en 2014, avait devancé la favorite bahaméenne Shaunae Miller-Uibo (48.37) avec une vitesse pas vue depuis 34 ans et le record du monde de l'Allemande de l'Est Marita Koch en 1985 (47.60).

Salwa Eid Naser connaît une progression fulgurante depuis les Jeux olympiques de Rio en 2016 (éliminée en demi-finales à 18 ans) avec un gain de près d'une seconde par saison.