Coup de tonnerre sur le marathon de Londres : invaincu depuis sept ans, Eliud Kipchoge a craqué en fin de course et terminé seulement huitième (2h06.49), la victoire revenant à l’Éthiopien Shura Kitata à l’issue d’un sprint dantesque. Kitata l’a emporté en 2h05.41 devant le Kényan Vincent Kipchumba (à 1 seconde) et son compatriote Sisay Lemma (à 4 secondes).

Pour la première fois de sa carrière sur marathon, Eliud Kipchoge a subi une défaillance et n’a pas pu jouer la victoire. Sa seule défaite remontait à Berlin en 2013, où il avait terminé deuxième derrière Wilson Kipsang, qui avait établi un nouveau record du monde. Le meilleur coureur de marathon de l’Histoire a peut-être senti le poids des années, alors qu’il fêtera ses 36 ans en novembre.

Rien ne s’est passé comme prévu pour ce 40e marathon de Londres, dispute à huis clos sur un parcours alternatif, une boucle de 2,15 km autour de St James Park. "Je suis très déçu, je voulais faire mieux mais mon oreille droite s’est bouchée et j’ai ressenti une crampe et un souci à une hanche dans les 15 derniers kilomètres, a expliqué Kipchoge au micro de la BBC.Je ne blâme pas les conditions. (...) Je reviendrai !"

Dans une course qui s’est disputée en grande partie sous la pluie, avec une température d’environ 10 °C, les meilleurs sont longtemps restés groupés sur un rythme loin du record du monde (passage au semi-marathon en 1h02.54). Puis au 38e kilomètre, la surprise : sur une accélération de Shura Kitata, Eliud Kipchoge a lâché prise. Le groupe a poursuivi son accélération et fait sauter les outsiders éthiopiens les plus attendus, Mule Wasihun (troisième l’an dernier, cinquième cette année) et Mosinet Geremew (dauphin de Kipchoge en 2019, quatrième cette année). C’est finalement celui qui a fait craquer le roi qui a su prendre sa place : Shura Kitata s’est arraché pour dominer un sprint haletant face à Vincent Kipchumba, qui vivait à 30 ans sa première participation à un marathon de premier plan, et Sisay Lemma. L’Éthiopien de 24 ans remporte ainsi sa première victoire majeure après avoir collectionné les places d’honneur (deuxième à Londres et à New York en 2018, quatrième à Londres et cinquième à New York en 2019). "Je me suis très bien préparé pour cette course, Kenenisa (Bekele) m’a aidé et conseillé à l’entraînement", a déclaré le vainqueur.

Kosgei chez les femmes

Trois heures avant les hommes, les femmes s’étaient élancées, et là la favorite a su se faire respecter. La Kényane Brigid Kosgei a assis sa domination sur la distance en remportant la course pour la deuxième année consécutive en 2h18.58. L’Américaine Sara Hall et la Kényane Ruth Chepngetich complètent le podium.