Athlétisme

Vives tensions au sein des athlètes sélectionnés pour l'Euro indoor de Glasgow (la sélection sera officialisée ce jeudi) à quelques jours du départ pour l'Ecosse.

Nombre d'entre eux sont, en effet, ulcérés par les conditions que tente de leur imposer leur propre fédération sous le couvert d'un "code de conduite" relevant davantage de leur droit à l'image et de leurs droits commerciaux et portant sur la bonne utilisation des vêtements officiels de la délégation. Une charte que plusieurs athlètes étaient enclins à ne pas signer, quitte à ne pas se voir repris au sein de la sélection...

L'histoire prend son origine dans un incident qui a touché la championne olympique et du monde Nafi Thiam lors de l'heptathlon des championnats d'Europe de Berlin l'été dernier. Pour une question de confort, la Namuroise a, en effet, entamé la compétition avec la tenue officielle de l'équipe des Mondiaux 2017, où ne figuraient pas tous les sponsors actuels de la ligue. Les téléphones ont rapidement chauffé au cours de cette première journée, entre les sponsors, les responsables de la fédération et l'entourage de l'athlète, si bien qu'après trois épreuves, la future championne d'Europe, menacée d'être retirée de l'heptathlon à l'issue de la première journée, a fini par enfiler la "bonne" tenue.

Rappelée à ses responsabilités par ses sponsors et afin de préserver ses finances, la LRBA a, par conséquent, voulu se prémunir qu'un tel cas de figure se reproduise en imposant à ses athlètes, à la veille de l'Euro en salle, des conditions très strictes, en leur demandant "d'exposer au maximum l'équipement national officiel". Et en ne mélangeant pas – sauf accord écrit - les sponsors de la ligue avec leurs partenaires personnels, ce qui ne passe pas auprès des athlètes, qui ne bénéficient d'aucune prime aux championnats d'Europe, pas même en cas de titre. Et souhaitent logiquement exposer les entreprises qui les soutiennent au quotidien.

Mais au-delà de la renonciation des athlètes à leurs droits à l'image, c'est le montant des amendes, de 1.000 à 20.000 euros, auxquelles ils sont exposées qui étonne. "Si nous menaçons nos meilleurs athlètes, c'est parce qu'ils sont généralement couverts par leur propre équipementier pour qui une sanction symbolique ne représente pas grand-chose, Cela va sans doute les responsabiliser", a commenté le coprésident de la LRBA, Thomas Lefèbvre, au "Soir".

En attendant, pour le climat de sérénité auquel les athlètes aspirent avant toute grande compétition, on repassera...