La sauteuse en hauteur ukrainienne Yaroslava Mahuchikh a raconté jeudi au site internet de la Fédération européenne d'athlétisme son périple de "trois jours" et "le cauchemar" endurés pour quitter son pays, envahi par la Russie, afin de se rendre à Belgrade pour les Mondiaux en salle. La vice-championne du monde, 3e des JO de Tokyo en 2021, fait partie des six athlètes ukrainiens présents en Serbie. Les Russes et les Biélorusses ont, eux, été exclus par la Fédération internationale de toutes compétitions après le début des opérations de l'armée russe en Ukraine.

"Après des heures de panique totale, nous avons quitté notre ville de Dnipro il y a trois semaines dès le déclenchement du conflit pour nous installer dans un petit village non loin de chez nous, a déclaré Mahuchikh. Personne n'a pensé à s'entraîner à ce moment-là car nous étions obligés de passer des jours dans la cave à suivre les nouvelles de Kiev, Soumy et Kharkiv minute par minute."

"Il a fallu plus de trois jours pour arriver ici, un voyage stressant. Des centaines d'appels téléphoniques, de nombreux changements de direction, des explosions, des incendies et des sirènes de raid aérien. J'aimerais penser que ce n'était qu'un cauchemar, mais c'est la réalité dans mon pays. C'est la réalité de la guerre", a-t-elle ajouté.

"Nous devons nous battre partout pour prouver notre force et notre puissance. Ma ligne de front pour les prochains jours sera la compétition féminine de saut en hauteur aux championnats du monde en salle", a-t-elle conclu.


Le président de la Fédération internationale d'athlétisme Sebastian Coe a, de son côté, expliqué jeudi ne pas s'attendre à des manifestations à Belgrade de la part du public malgré les liens étroits entre la Russie et la Serbie où de nombreux citoyens soutiennent ouvertement Vladimir Poutine et sa décision d'envahir l'Ukraine. La Serbie et la Russie entretiennent des rapports fraternels profonds s'expliquant par leur racines chrétiennes orthodoxes communes et aussi par leurs alliances lors des deux guerres mondiales du 20e siècle. L'influence de Moscou en Serbie reste omniprésente, la Russie étant un partenaire crucial de l'économie serbe dans le domaine de l'énergie.

"Je ne m'attends à aucun problème dans le stade. Nous avons tous les bons processus et systèmes en place", a affirmé Sebastian Coe.

Le patron de la Fédération serbe d'athlétisme, Veselin Jevrosimovic, a, lui, tenu à préciser que son pays avait aussi "organisé des manifestations contre la guerre en Ukraine."