Le champion du monde a de bonnes sensations dans les jambes mais son estomac le tracasse...

CARCASSONNE Que Tom Boonen ait remporté le sprint du peloton peut paraître anodin. Pourtant, en fonction des circonstances, la 5e place qu'il a obtenue peut presque s'assimiler à une victoire. D'ail-leurs, ce sprint fut très disputé, les coudes baladeurs entre McEwen et Boonen dans les deux cents derniers mètres sont là pour l'attester.

Aux journalistes qui l'entouraient sitôt après le passage de la ligne, le champion du monde avait beau paraître un peu blasé, le signe qu'il adressa à ses équipiers en rejoignant le bus de son équipe ne laissait planer aucune équivoque. Il était heureux d'avoir laissé McEwen derrière lui à Carcassone. Il y avait manifestement un contentieux entre ces deux-là. Tout avait commencé le matin même, lorsque McEwen et Boonen s'étaient retrouvés dans une échappée matinale. "Là, alors que tout le monde était prêt à travailler pour tenter d'en faire une échappée fleuve, dit Boonen, McEwen a commencé à faire le malin, il venait constamment en tête de groupe, puis il baissait de rythme. Il a tout simplement fichu notre échappée en l'air. J'ai trouvé cela ridicule."

Dans la finale, pourtant, il aurait peut-être été possible de rattraper les fuyards si les Davitamon et les Quick Step avaient fait cause commune. Vu le contexte, évidemment... "Ce n'est pas tellement ça, explique Boonen. Mais voilà deux jours que j'ai de bonnes jambes alors que mon estomac me tracasse. Je ne suis pas le seul. Tankink aussi ainsi que l'un de nos directeurs sportifs. Peut-être a-t-on mangé quelque chose de pas frais. Toujours est-il que je n'ai pas voulu prendre le risque de faire travailler mes équipiers alors que je n'étais pas sûr de pouvoir finir le boulot. J'ai bu beaucoup toute la journée et, sur la fin, je me sentais nettement mieux. Mon sprint final en atteste."



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