Pour le grand retour de la boxe à Liège après une mise entre parenthèses qui aura duré un peu plus d’un an, la réunion organisée ce samedi à Visé, dans un hall omnisports malheureusement fermé au public, a débouché sur les victoires d’Amaury Massenaux et de Surik Petrosyan dans les deux combats à enjeu de la soirée opposant, faut-il le souligner, quatre boxeurs invaincus. Sous les yeux de l’ancien champion du monde français Julien Lorcy, le premier a dominé Jan Helin pour s’emparer aux points (décision unanime : 78-75, 77-75, 78-75) du titre francophone des super-welters tandis que le second a battu Anthony Loffet par K.-O. technique à la cinquième reprise pour remporter la ceinture francophone des super-légers.

"Cette ceinture, c’est le travail qui a payé !" se félicite Amaury Massenaux, 24 ans, après avoir remporté le 8e succès de sa carrière (pour 1 match nul). "Je savais que j’avais mes chances à condition de faire un très bon combat, parce que Jan est un boxeur de qualité, un bon technicien, et je me suis préparé en conséquence. J’étais assez serein et notre plan tactique a parfaitement fonctionné."

Méconnaissable par rapport à ses sorties précédentes, Jan Helin a, lui, concédé son premier revers en 9 combats (8 victoires). Le Hennuyer évoque "un jour sans" et promet de "rebondir", de "revenir plus fort". La revanche conclue entre les deux hommes pourrait avoir lieu dans le Hainaut avant l’été.

Surik Petrosyan a, lui, laissé passer l’orage déclenché dès les premiers échanges par Anthony Loffet avant de prendre progressivement le dessus. Dès le deuxième round, Loffet se retrouvait d’ailleurs au sol après un joli crochet gauche. La hargne du Liégeois ne suffisait pas face à la précision supérieure du boxeur coaché par Douglas Bellini. Petrosyan sonna encore Loffet à plusieurs reprises au troisième round mais il dut attendre le cinquième avant de conclure le travail, l’arbitre arrêtant le combat au moment où l’Arménien expédiait une nouvelle fois son opposant dans les cordes.

"Il a mis d’emblée beaucoup de pression mais je m’y attendais", explique le lauréat. "ça me fait plaisir de gagner un combat comme ça contre un boxeur très courageux et respectueux. J’ai pu imposer ma technique et je suis très content de ma prestation."

Ancien challenger mondial, Stéphane Jamoye était, lui aussi, de la partie en Basse-Meuse. Opposé au Français Sébastian Iacobas pour son deuxième combat depuis son retour sur les rings, le Liégeois a concédé un match nul au bout de six rounds intenses et très disputés. Une "guerre" comme Stéphane les apprécie. Mais le mérite de ce résultat revient à son adversaire (4-2-2) qui a affiché un visage offensif et beaucoup de tempérament. "Il me fait penser à moi… quand j’étais jeune !" sourit Stéphane Jamoye (33-8-1), âgé de 31 ans. "Franchement, il a bien fait son travail, il a tout l’avenir devant lui. Moi, je n’étais pas dans un grand soir, je n’ai pas montré ce que j’avais espéré, mais c’est la boxe ! Je n’ai pas d’excuse."

Un peu plus tôt, Quentin Gomes (Amay Boxing Club) avait dû s’employer pour prendre la mesure du Rennais Batoura Guirassy (6-5-2), aux points (60-55, 58-56, 59-55), et préserver ainsi son brevet d’invincibilité (7 victoires en 7 combats). Le Bruxellois Ibrahima Diallo a, lui, conquis son troisième succès pro à l’issue d’un combat à sens unique face au Hongrois Gabor Kovacs (7-11) qui a eu bien du mérite à ne pas rompre sous les coups de boutoir de son opposant. "Mon coin était content de ma prestation, c’est le principal", sourit l’Ixellois, à qui il n’aura manqué que la cerise (le K.-O) sur le gâteau. "J’ai montré de belles choses, j’ai mis de l’impact dans mes coups mais mon adversaire a du métier, il est intelligent et c’est un dur au mal. Cela me permet de gagner, moi aussi, en expérience."

Pour ses débuts professionnels, Michael Essomba aura, lui, impressionné par sa puissance. Le Serbe Vuk Stojanovic en a fait les frais au deuxième round de leur combat remporté par K.-O. par le poids lourd liégeois.

Chez les dames, Calliope Slagmulder a dominé la Française Fanny Gruzelle aux points (39-38, 40-36, 40-37) et remporté son premier succès professionnel 17 mois après ses débuts (1-1-0). De quoi faire la fierté de… Stéphane Jamoye, qui partage la vie de la Bruxelloise. "J’ai travaillé intelligemment, à distance, en bougeant beaucoup, grâce à ma bonne préparation. Je suis encore jeune et j’espère continuer dans cette voie. Je fais confiance à ma nouvelle équipe pour me trouver de bons combats."