Avec le choc entre les poids lourds Oleksandr Usyk et Derek Chisora prévu ce samedi à la SSE Arena de Wembley, le boss de Matchroom Boxing Eddie Hearn tient sans aucun doute l’une de ses plus belles affiches de l’année. Et celle-ci aura une coloration belge puisque, dans un combat d’encadrement, notre compatriote Bilal Laggoune tentera de s’emparer de la ceinture européenne (EBU) de la catégorie cruiserweight (-90,7kg). Cinq ans après une première chance continentale, et un nul face à l’Ukrainien Kucher, le boxeur de Ninove (25-1-2) affronte cette fois un co-challenger irlandais, Tommy McCarthy (16-2-0).

« La préparation n’a pas été extrêmement longue mais j’ai été impressionné par le travail fourni par Bilal ces deux dernières semaines, à l’entraînement, en compagnie de Youri Kalenga qui était venu lui donner la réplique », explique le manager de Laggoune, Alain Vanackère. « Il est monté en puissance et vraiment, avec un adversaire à sa portée, j’y crois ! C’est une opportunité sur laquelle il fallait bondir, surtout dans la conjoncture actuelle. Bilal est classé n°7 mondial à l’IBF et une victoire samedi le placerait dans une position assez confortable en attendant le duel entre Lerena et Opetaia, respectivement n°3 et 4, en mars.»

Un contexte exceptionnel

Arrivé à Londres par l’Eurostar dès samedi, Bilal Laggoune, accompagné de son manager et de ses hommes de coin (Maurice Naveau et Francesco Camposeo), a subi un test de dépistage au Covid-19 dès son arrivée à l’hôtel Hilton. Il a ensuite, dû patienter dans sa chambre pendant vingt-six heures avant de recevoir le résultat, heureusement négatif, et de pouvoir enfiler le bracelet noir lui servant de laisser-passer. 


« On se trouve vraiment dans un contexte exceptionnel et, en étant ici, on comprend mieux ce que signifie ce concept de bulle avec une partie de l’hôtel réservé spécialement pour Matchroom pendant un mois », reprend Alain Vanackère. « Bien sûr, c’est particulier : on ne peut pas du tout sortir de l'hôtel (il n'y a qu'une terrasse pour prendre un peu l’air), il y a peu de distraction possible (une salle de jeux) et les agents de sécurité sont omniprésents. On sent que rien n’est laissé au hasard. Absolument tout le monde impliqué dans la soirée a été testé. Et ce mercredi matin, rebelote avant un troisième test prévu vendredi. Ce qui n'empêche pas que l'on doive porter le masque dans tous les lieux de déplacement.»

Quant à Bilal Laggoune, qui a essentiellement fait un peu de footing sur tapis roulant et de la corde jusqu’ici, il a désormais le loisir de réserver des créneaux horaires d'une heure pour ses entraînements dans l’espace boxe aménagé dans l'hôtel en début de semaine. Au menu : travail au sac et palettes. « Ces mardi et mercredi, des obligations médiatiques figurent également au programme. J’ai senti dans ses premières réponses que Bilal était serein, concentré et déterminé... »

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