La tâche de Bilal Laggoune et Michel Garcia, respectivement opposés à Jack Massey et à Mark Jeffers, deux très bons boxeurs britanniques totalisant à eux deux 31 victoires pour 1 seule défaite (18-1 et 13-0), s’annonçait très difficile, ce vendredi soir, mais c’est dans l’adversité que l’on reconnaît les vrais champions et que ceux-ci gagnent le respect de tous. Sous les yeux de l’ancien multiple champion du monde Ricky Hatton, nos deux compatriotes, forts d’une bonne préparation, sont montés sur le ring avec leurs armes et ont tenté de déjouer les pronostics globalement plutôt favorables à leurs hôtes. L’un et l’autre se sont toutefois inclinés au Bolton Whites Hotel pour le plus grand bonheur des nombreux supporters britanniques qui ont vécu une soirée très plaisante.

Celle-ci s’est conclue de la plus malheureuse des manières pour Bilal Laggoune, notre poids lourd-léger en quête de la ceinture IBO mais arrêté par l’arbitre dès le troisième round après avoir effectué un voyage au tapis et mis encore un genou à terre quelques instants plus tard. Après un round d’observation puis une seconde reprise où notre compatriote se montra très présent grâce à son jab, alors que Jack Massey choisissait quant à lui davantage ses moments, Bilal Laggoune passa à l’offensive en lançant sa droite mais, alors qu’il avait le visage à découvert, son direct fut aussitôt contré par un crochet gauche remarquable de l’Anglais. Touché au menton, mais surtout très surpris par ce coup qu’il n’avait pas vu venir, l’Alostois se remit debout. Mais, sentant qu’il avait fait du dégât, Massey appuya sur le champignon et, après un nouveau direct du droit, Laggoune, qui éprouvait des difficultés à se remettre de ce coup du sort, plia à nouveau. C’en était déjà assez pour l’arbitre Steve Gray qui signifia la fin des débats, une décision qui octroya la ceinture IBO à Jack Massey. Très fâché sur lui-même, Bilal Laggoune salua sportivement la victoire de son adversaire mais il avait évidemment rêvé d’une autre issue, lui qui compte à présent une 3e défaite – la deuxième d’affilée - à son palmarès (25 victoires, 2 nuls).

Dans l’autre combat principal de la soirée, Michel Garcia est allé au bout de lui-même... mais aussi des dix rounds de son duel ayant pour enjeu le titre WBO Global des super-moyens mais surtout une place dans le top 15 mondial de cette fédération. Victorieux de ses 13 premiers combats pros, Mark Jeffers était toutefois un cran au-dessus du Carolo qui, après un démarrage difficile, est monté dans les tours. Rapidement installé dans le combat, ayant pris possession du centre du ring, Jeffers avait rendu une excellente copie après les quatre premiers rounds, au cours desquels il n'avait eu de cesse d'appuyer ses jabs et ses coups au corps. Très mobile comme à son habitude et faisant parler son sens de l’esquive, Michel Garcia rentra véritablement dans son championnat à partir de la 5e reprise. Dès ce moment, les échanges gagnèrent en intensité, le Hennuyer plaçant quelques belles combinaisons pour montrer à Jeffers, certes plus grand et plus puissant, qu’il ne serait pas un oiseau pour le chat. 

Avec toute son expérience, grâce aux conseils de son frère Antonio et de son papa Julio, le boxeur de 33 ans laissa davantage aller ses bras et toucha en uppercuts, puis en crochets. Pas de quoi ébranler son adversaire mais le duel était de plus en plus plaisant pour les spectateurs d’autant que Garcia gagnait en confiance. Refusant de tomber dans le piège du corps à corps que lui tendit un Mark Jeffers de plus en plus impatient d’en terminer avant la fin, le boxeur belge écopa d’un point de pénalité au huitième round après que l’arbitre dut ramasser son protège-dents pour la troisième fois. Il passa encore à travers l’un ou l’autre moment chaud dans les minutes suivantes mais son expérience lui fut très utile pour terminer le combat debout, avec le sentiment du devoir accompli. Le verdict des juges refléta la nette domination adverse (100-89, 100-89 et 98-91) mais Michel Garcia put repartir la tête haute à l’issue du premier combat à l’étranger de sa carrière. Et sans doute pas la dernier pour notre homme qui compte désormais 16 victoires pour 2 défaites en ayant prouvé qu'il avait sa place sur les rings internationaux.