La Belgique compte, depuis ce samedi soir, un nouveau champion d’Europe de boxe en la personne de Farouk Kourbanov. À Herstal, le super-plume âgé de 30 ans s’est imposé, sur décision partagée (116-112, 114-114, 115-113), face à l’Italien Nicola Henchiri pour remporter la 19e victoire de sa carrière (pour 3 défaites), sans aucun doute la plus prestigieuse. Le Verviétois avait déjà tenté de remporter le titre EBU une première fois en octobre 2019, à Agen, mais le Français Samir Ziani s’était montré supérieur. Celui-ci ayant abandonné sa ceinture, celle-ci était donc mise en jeu lors du gala organisé à huis clos à la Préalle. Et si Henchiri, aussi solide que puissant, a longtemps semblé en mesure de contester la victoire belge, c’est bien Farouk Kourbanov qui récolta les faveurs de deux des trois juges, ceux-ci ayant sans doute récompensé son activité et sa précision.

"Il est vraiment dommage que cette réunion ait dû se dérouler sans public mais je suis reconnaissant envers les organisateurs de m’avoir offert cette chance de combattre ce samedi pour le titre européen", explique Farouk Kourbanov, la ceinture EBU sur l’épaule. "La préparation n’a pas été simple, notamment avec ce changement d’adversaire dans les dernières semaines, mais mes sacrifices ont payé et j’ai atteint mon objectif, c’est le principal. Je suis très heureux !"

Dans les autres combats à enjeu de la soirée, Stefan Voda a remporté la ceinture de champion de Belgique des poids plumes en dominant, en dix rounds, Geram Eloyan (96-94, 97-93, 97-93). Une décision qui ne souffre aucune discussion tant le boxeur du BC Bufi, en excellente condition physique, a dirigé les échanges et étouffé son adversaire en boxant sur un rythme très élevé. Utilisant très bien son bras avant et multipliant les combinaisons, parant aussi les offensives adverses grâce à un sens de l’esquive aiguisé, le Hennuyer n’a pratiquement jamais relâché son attention.

"Je savais que mon adversaire avait connu une bonne préparation à l’étranger et qu’il allait venir avec son meilleur jeu, cela m’a mis encore plus la pression et cela m’a donné envie de me dépasser encore plus", commente Stefan Voda à l’issue de son 9e succès pro. "J’ai également connu un camp d’entraînement de grande qualité et je remercie toute mon équipe pour avoir investi autant de temps et d’énergie dans la préparation ainsi que mes proches pour leur soutien. Je suis fier d’avoir remporté ce combat."

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Le Benelux pour Massenaux

Le titre de champion du Benelux des super-welters était également en jeu ce samedi et Amaury Massenaux, avec la générosité et la détermination qu’on lui connaît, a saisi sa chance face au gaucher français Lakhdar Ouzar. Celui-i n’a pas démérité mais deux des trois juges ont été, semble-t-il, davantage sensibles à la pression constante, certes pas toujours bien canalisée, imposée par Massenaux (97-95, 93-97, 96-94).

Il a également fallu recourir au pointage des juges pour départager Quentin Gomes et Surik Petrosyan de leur adversaire géorgien respectif, Rati Migriauli et Nika Nakashidze, et les deux boxeux francophones s’en sont sortis à leur avantage à l’unanimité des juges. Petrosyan en a pourtant été quitte pour une petite frayeur après avoir été compté dans la deuxième reprise suite à un crochet gauche qu’il a pris de plein fouet. On soulignera d’ailleurs la qualité des combats proposés tout au long de la soirée, seul le poids moyen allemand Ilhami Aydemir quittant le ring à la suite d'un K.-O., infligé à Merab Turkadze au 4e round.