Vainqueur de 62 des 67 combats qu'il a disputés, Marvin Hagler, qui nous a quittés ce samedi à l'âge de 66 ans, a marqué durablement l'histoire de la boxe. Par sa puissance physique, son style, sa férocité et quelques combats inoubliables en poids moyens qui ont construit sa légende. Avec Hagler, chaque combat était une guerre.

Face à Willy Monroe, une double revanche

La trilogie face à Willy Monroe, le deuxième homme (après Bobby Watts, qui s’inclinera lors de leur second duel en 1980) à lui avoir infligé une défaite, aux points en 1976, fait partie des grands moments de la première partie de carrière de Marvin Hagler, qui a remporté la revanche puis la belle par K.-O. technique. Dans ce troisième épisode entre les deux hommes, incarnant la rivalité entre les boxeurs de Boston et ceux de Philadelphie, le grand Monroe, tel un pantin désarticulé, finit par plier dès le deuxième round sous les coups de boutoir de Hagler.


Il humilie Alan Minter avant d’essuyer une pluie de projectiles

Vainqueur de Vito Antuofermo sur décision partagée en 1980, à Las Vegas, puis une seconde fois avant la limite à Wembley, trois mois plus tard, le Britannique Alan Minter défendra ses ceintures WBC et WBA face à Hagler le 27 septembre de la même année. Un combat aux relents de racisme, les deux hommes refusant de se serrer la main avant le combat. "Aucun Noir ne me prendra mon titre" lance même Minter, mal inspiré pour le coup. Car c’est bien Marvin Hagler qui repartira avec les titres mondiaux, à l’issue de son deuxième championnat du monde. Dès la fin du combat, conclu en moins de trois reprises, divers projectiles se sont abattus sur le ring, contraignant la police à escorter l’Américain jusqu’à son vestiaire. Une scène incroyable à revoir ici.


Mustafa Hamsho, une destruction méthodique

Le 3 octobre 1981, Marvin Hagler défend ses titres contre Mustafa Hamsho, un Syrien établi aux Etats-Unis, à Rosemont. Vainqueur de Minter lui aussi, Hamsho est bien décidé à saisir sa chance. Mais, s’installant progressivement dans le combat, "Marvelous" lui fera admirer sa panoplie pour l’achever finalement dans un onzième round absolument terrible pour le challenger. Du grand Hagler ! Qui ne se fera pas prier pour battre une seconde fois ce même adversaire trois ans plus tard.


Contre Hearns, un combat mythique et le round du siècle

Vainqueur de Roberto Duran en 1983 à l’issue d’un combat âpre et très lucratif, Marvin Hagler va se frotter, le 15 avril 1985, au "Hitman" Thomas Hearns, qui vient tout juste d’exécuter ce même Duran un an plus tôt. "The War" : le décor est planté et les promoteurs de l’événement ne croyaient pas si bien dire. Car les spectateurs présents dans l’Arène extérieure du Caesar’s Palace vont assister à un combat dantesque. Certes pas long mais d’une intensité folle. La première reprise est inscrite dans l’histoire du sport, les deux homme démarrant pied au plancher (ce qui a de quoi surprendre Hearns) et se rendant coup pour coup. Un festin pugilistique dont Hagler sortira grand gagnant au troisième round par K.-O. technique sur arrêt de l’arbitre.


Face à Mugabi, un K.-O. brutal

Dans la foulée de sa victoire face à Hearns, Marvin Hagler accède à une notoriété planétaire, un statut dont il profite largement. Son adversaire suivant, l’Ougandais John Mugabi, est pourtant un sacré puncheur dont il convient de se méfier. Le duel atteindra des sommets de brutalité avec quelques rounds d’anthologie, particulièrement le sixième. Il faudra attendre la 11e reprise pour voir Hagler, en difficulté par moments, décocher deux droites au visage de son adversaire et prendre définitivement le dessus. L’histoire retiendra que c’est ce soir-là que Suger Ray Leonard, venu en spectacteur, a compris qu’il avait les moyens de battre Hagler, ce qu’il fit en avril 1987 après lui avoir mené une double guerre, l’une psychologique, l’autre physique...