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Le Bruxellois a rejoint le groupe d’entraînement des Borlée pour favoriser sa reconversion sur 400 m haies

BRUXELLES Il y a un an, Damien Broothaerts était au fond du trou. Sous la menace d’une suspension de deux ans, il ignorait encore de quoi serait fait son avenir. Douze mois plus tard, après avoir retrouvé la compétition dès le mois de mai et tenté d’arracher son billet pour les JO sur 110m haies, le Bruxellois s’est lancé un nouveau défi exaltant : celui de participer aux Jeux de Rio, en 2016, sur 400 m haies.

“Ce changement, j’en parlais déjà depuis quelques mois à mon entourage et personne n’a tenté de m’en dissuader” , explique Damien Broothaerts. “J’avais le sentiment de plafonner un peu sur les haies hautes, je n’avais pas toujours la même motivation. Les déplacements à Paris, pour retrouver mon entraîneur Vincent Clarico, ce n’était pas le plus pratique non plus. Mais en Belgique, on est vite confronté à la difficulté de trouver un bon entraîneur de haies.”

L’athlète de 29 ans n’a pourtant pas dû chercher bien loin pour trouver son bonheur. “Jacques Borlée, qui m’a toujours soutenu quand je traversais des moments difficiles, m’a encouragé à revenir à l’entraînement. Nous avons évoqué la question de mon avenir ensemble et, vu les affinités que j'ai avec ses enfants, notre collaboration a semblé très naturelle.”

Et voilà comment Damien Broothaerts émarge depuis la reprise au groupe d’entraînement de la famille Borlée. “Pour moi, la solution est idéale. C’est difficile, en tout cas, de trouver mieux ! Je m’entraîne avec des athlètes de calibre mondial et je peux profiter de leur expérience. Même si je ne me reposais pas sur mes lauriers, cela va me pousser à m’accrocher, à me faire violence. C’est un bon groupe, où l’on travaille bien tout en s’amusant. C’est important.”

Ce l’est d’autant plus que notre interlocuteur est confronté à une épreuve certes moins traumatisante pour le corps mais plus exigeante, comme il a pu s’en rendre compte début novembre lors d’un stage à Ténérife où Michaël Bultheel les a rejoints.

“Je n’avais pas de préjugés par rapport aux coureurs de 400, je savais que c’était l’une des épreuves les plus difficiles physiquement” , reprend Damien. “Et, de fait, les entraînements sont très durs. On est en plein travail foncier, alors on déguste ! J’avoue que les distances supérieures à 500 m sont délicates pour moi. Pour le reste, c’est l'association entre vitesse et endurance qui décide de tout. Il est question de dosage, de rythme, de maîtrise lors du passage de 13 à 15 foulées. Mentalement aussi, c’est hard. Je n’ai vraiment pas choisi la voie de la facilité ! (rires) Mais j’avais besoin de ce nouveau challenge après mes déboires. Je ne serai peut-être pas encore top cet été, mais il fallait prendre une décision au début d’un nouveau cycle de quatre ans pour éventuellement corriger le tir...”

Broothaerts ne tire toutefois pas un trait définitif sur les haies hautes : “Cet hiver, je vais tenter de me qualifier sur 60m haies pour l’ Euro de Göteborg. Et puis, je vais encore faire du 100 et du 200m. Il n’y a pas d’incompatibilité...” Et qui sait si l’éventualité d’intégrer le relais 4x400m ne se concrétisera pas !



© La Dernière Heure 2012