La Russe Viktoria Listunova a été sacrée championne d'Europe du concours général vendredi à Bâle où ce sont les Allemandes Elisabeth Seitz et Kim Bui, respectivement 5e et 7e, ayant troqué leur classique justaucorps contre une inhabituelle combinaison intégrale pour "se sentir bien", qui ont attiré l'attention. Elles ont revêtu, deux jours après leur compatriote Sarah Voss, une combinaison qui couvre intégralement leurs bras et leurs jambes et qui est conforme au règlement de la Fédération internationale de gymnastique.

L'idée est de "se sentir bien et de rester élégante", a expliqué Sarah Voss (21 ans) sur son compte Instagram. "Quand la puberté a commencé, quand j'ai eu mes règles, j'ai commencé à me sentir de plus en plus inconfortable", a-t-elle détaillé aussi auprès de la chaîne de télévision allemande ZDF, alors que "petite fille je ne voyais pas la tenue serrée comme un gros problème".

Parler des règles dans le sport demeure encore tabou. Après la compétition vendredi Elisabeth Seitz a aussi fait état des nombreuses photos de jeunes filles gymnastes circulant sur internet attirant selon elle beaucoup de monde et pas seulement les amateurs de sport, a-t-elle dit, sans entrer dans les détails. Quitter le justaucorps et enfiler la combinaison est donc "un signal important" dans un sport réputé pour sa dureté et sa rigueur, insiste Seitz, médaillée européenne et mondiale, et où ce sont des ados, à l'image de Listunova vendredi, qui montent sur des podiums.

Interrogées sur la tenue noire et violette des concurrentes allemandes, les médaillées du jour ne se sont pas étendues sur la question: "inhabituelle mais jolie" pour Melnikova (20 ans), "nouveau type de tenue de gym joli" pour la Britannique Jessica Gadirova, en bronze à 16 ans.

Au-delà de la dureté et de la rigueur exigée, depuis quelques années le monde de la gym est secoué par des révélations de violences sexuelles et de maltraitances. Ainsi les États-Unis ont connu un scandale sans précédent avec le médecin Larry Nassar qui a été reconnu coupable d'avoir agressé sexuellement au moins 265 victimes identifiées durant deux décennies, dont la star Simone Biles.

En Grande-Bretagne, ce sont des accusations de maltraitances qui ont fait la une, de même que récemment en Grèce où d'anciens gymnastes se sont plaint d'avoir subi des décennies de maltraitances "s'apparentant à de la torture" de la part de leurs entraîneurs.