Tombée ce mardi, en milieu d’après-midi, la décision de l’annulation de l’Euro de triathlon sur la distance olympique n’a pas été facile à prendre. Et pour cause : c’est la première fois en 35 ans que les titres européens ne seront pas attribués ! Il va sans dire qu’il s’agit d’une énorme désillusion non seulement pour les participants, mais aussi pour les organisateurs, à Tartu (Estonie). Douze Belges étaient sélectionnés pour cet événement. Parmi eux, Claire Michel, sur place depuis le lundi 27 juillet, soit un mois avant l’échéance.

"Avec Valerie Barthelemy, j’avais anticipé une éventuelle quarantaine imposée à tout ressortissant d’un pays où il y a plus de 15 cas par jour et par 100.000 habitants, ce qui était la situation de la Belgique, tout comme d’une vingtaine de nations européennes. Pour moi, l’annulation est, bien sûr, une déception, mais pas vraiment une surprise, compte tenu des conditions actuelles de la crise sanitaire. Et je ne vois pas comment les organisateurs auraient pu envisager une exception pour autant d’étrangers sans mettre en danger la population locale."

Pour y vivre et s’y entraîner, dans les trois sports, depuis huit jours, Claire se sent plutôt en sécurité en Estonie.

"Quand je vois les récents chiffres de cas en Belgique, je me dis que j’ai opéré le bon choix en venant ici, à Tartu, petit village de 2.000 habitants, où tout est propre. Les gens sont réservés. Il y a très peu de contacts entre eux… Et puis, l’Estonie est dix fois moins peuplée que la Belgique, ce qui explique sans doute le faible nombre de cas (2.091) et de morts (63) dus au Covid-19. Comme chez nous, le masque est obligatoire dans les magasins. Mais, en dehors, nous sommes surtout deux à le porter, Valerie et moi !"

Si elle a inévitablement affecté nos triathlètes olympiques, l’annulation de cet Euro ne change rien aux plans de la Bruxelloise, victime d’une vilaine fracture du genou, après une chute à vélo (de ville), en fin d’année dernière.

"Il n’est jamais agréable de voir un objectif s’effacer, que ce soit à cause d’un virus ou d’une blessure. Maintenant, comme je l’ai dit, ce n’est pas vraiment une surprise. Dans le clan belge, nous nous étions préparés à cette éventualité, d’autant que la situation évolue très vite, dans un sens comme dans l’autre. Pour ce qui est de mon cas personnel, je continue à progresser, sans brûler les étapes."

L’échéance de l’Euro supprimée, tous les regards se portent désormais vers Hambourg où, début septembre, doit avoir lieu une manche des World Series…

"L’Ironman a déjà été annulé. Pas encore les épreuves sur la distance olympique, tant en individuelle qu’en relais. Mais les organisateurs cherchent un autre parcours qu’en centre-ville où il y a traditionnellement beaucoup de public… J’espère que ce rendez-vous tiendra, même si, dans ma situation, je ne suis pas à une semaine près. L’objectif, ce sont quand même les Jeux !"