Les Jeux Olympiques de Pekin se sont terminés ce dimanche


Tia Hellebaut tout en haut de l'Olympe mais absente en 2012

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Les tops et les flops

PEKIN Le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, a clôturé dimanche soir les jeux Olympiques de Pékin-2008, par la formule traditionnelle: "Et maintenant, selon la tradition, je proclame la clôture des Jeux de la XXIXe Olympiade et je convie la jeunesse du monde à s'assembler dans quatre ans à Londres pour y célébrer avec nous les Jeux de la XXXe Olympiade".

Organisation quasi parfaite, pluies de records, exploits de légende : les premiers jeux Olympiques en Chine ont été un grand cru qui a permis au géant asiatique d'étaler sa puissance mais a souligné les limites de sa tolérance.
L'Histoire du sport retiendra que c'est à Pékin, en août 2008, que le nageur américain Michael Phelps a détrôné son compatriote Mark Spitz et ses sept médailles d'or glanées à Munich en 1972. Une de plus pour ce phénomène devenu l'athlète le plus titré de la saga JO: 14 médailles d'or, en deux éditions.
Son large sourire huit fois sur la plus haute marche du podium n'a pas pour autant éclipsé le médiatique Usain Bolt, autre star de ces XXIXe Olympiades.

Le Jamaïcain a été le premier sprinteur à réaliser le doublé olympique 100/200 m en battant les deux records du monde, illustration de la domination insolente de sa petite île des Caraïbes sur la piste du "Nid d'oiseau".
Un stade magnifique qui n'a pas souri au champion vénéré par une nation d'1,3 milliard de Chinois, privée de l'or de Liu Xiang au 110 m haies. Drame national, héros blessé, tout comme l'orgueil d'un peuple qui a largement de quoi se consoler: au final, 51 médailles d'or pour la Chine, 36 pour les Etats-Unis.

Pour la première fois depuis son retour aux Jeux, à Los Angeles en 1984, la République Populaire de Chine surpasse les Etats-Unis. C'était écrit, la Chine la jouait modeste mais n'en pensait pas moins. Question de fierté patriotique et politique, même si ses dirigeants s'en défendent.
Chine première puissance olympique, c'est devenu officiel depuis ce dimanche 24 août.
"Ce que nous avons accompli durant ces Jeux constitue une formidable dynamique pour le futur", s'est félicité Liu Peng, ministre chinois des Sports, relevant quand même les faiblesses de son pays dans les disciplines reines des Jeux, l'athlétisme et la natation.

Respecté autant que craint, en raison de son poids économique et de ses ambitions internationales, le pays le plus peuplé de la planète n'a pas lésiné pour épater le monde entier. Pas seulement au plan sportif.
De mémoire d'athlètes et de journalistes, nul n'avait connu un niveau d'organisation et de services de cette facture. Et une telle énergie chez un gouvernement contre l'adversité, au point de mettre KO la pollution grâce à des mesures draconiennes, à peine les Jeux lancés le 8 août.

De ce point de vue, le Comité international olympique (CIO) ne regrette sûrement pas d'avoir choisi Pékin en 2001.
"Il est clair que la Chine a placé la barre très haut", s'est réjoui dimanche son président, Jacques Rogge, dans sa conférence de presse de bilan.
Des analystes comme Tang Wenfang, professeur de relations internationales à l'Université de Pittsburgh (USA), assurent même que ces Jeux "aideront le monde à percevoir la Chine de manière plus réaliste, plus positive".

Pour autant, il n'est pas certain que la Chine ait réussi à modifier en profondeur l'image négative qu'elle projette souvent en Occident.
Des trucages de la cérémonie d'ouverture, avoués tardivement, aux bavures sur les journalistes étrangers, en passant par la censure de l'opinion chinoise et les arrestations de militants pro-Tibet et dissidents, le régime communiste a maintenu le cap sévère d'avant les Jeux.
"La Chine n'est pas montée sur le podium olympique dans la catégorie liberté de la presse", juge le Club de la presse étrangère en Chine qui dénonce "le recours à la violence, les intimidations et le harcèlement" contre les journalistes.

Sophie Richardson, une des responsables pour l'Asie de l'organisation Human Rights Watch, tranche dans le vif: "Ces Jeux enterrent définitivement l'idée qu'ils apporteraient le meilleur. La réalité est qu'ils ont été un catalyseur des abus, des évictions, des détentions, de la répression politique et des violations répétées des libertés de la presse".
Une vision que ne partagent pas les milieux d'affaires. En terme de marketing, firmes chinoises et étrangères ne semblent pas regretter l'investissement.
Les experts s'accordent à dire que la Chine a bien vendu sa "marque" même si l'impact des JO sur son économie - bientôt en troisième place mondiale - s'annonce limité.

Hôte des prochains JO, Londres est "soufflée, émerveillée, impressionnée" par Pékin 2008. Prudent, le maire de Londres, Boris Johnson, espère pouvoir faire "aussi bien en 2012".
Il y a au moins un domaine où les Anglais feront forcément mieux: l'ambiance.
Ce n'était pas la fête à Pékin. Les autorités avaient clairement d'autres préoccupations en tête.

© La Dernière Heure 2008