GPS, boussole, étoiles, cartes, … ? Autant d’outils à disposition quand il s’agit de s’orienter. Mais comment faire quand on se retrouve sur une étendue blanche, vierge de toutes traces ? Comment faire quand on se retrouve sur l’eau, à bord d’un kayak, à travers les Fjords du Groenland ? Comment s’orienter lors d’une escalade d’une grande paroi encore jamais grimpée ? Les deux aventuriers Belges Gilles Denis et Nathan Goffart, créateurs du projet Nanok expédition, nous apportent quelques clefs de réponse afin de s’en sortir dans les endroits les plus reculés de notre belle planète.

Durant leur expédition, les deux compères vont traverser une partie de l’Inlandsis du Groenland à l’aide de leurs skis et pulka. Pour se faire, une bonne coopération et des connaissances solides seront nécessaires afin de suivre le bon cap.

"Dans une tempête, quand tout est blanc, en fait on ne sait pas si on monte, si on descend, si on tombe, … On s’est rendu compte en fait que c’était impossible d’aller en ligne droite. Mais il y a un petit truc qu’on a mis en place. On prépare son cap avec la boussole. Et alors, ça va me permettre de faire des azimuts. Il me suffit d’aligner ma flèche rouge sur le Nord de ma boussole. Et pour le reste, je vise mon cap. La personne devant se retrouve avec sa boussole et regarde son cap toutes les 10 secondes", développe Gilles Denis.

Une grande partie du Groenland, terre d’aventure pour les deux Belges, est pratiquement entièrement immaculée. Aucune carte ne référence précisément les obstacles s’y trouvant. Une préparation minutieuse ainsi qu’une bonne utilisation des outils à disposition (Boussole, cartes et GPS) seront primordiales.

"Une fois qu’on est là au milieu, il n’y a plus de courbes de niveaux, il n’y a plus rien, plus aucune référence, montagne, … Et donc, comment faire pour s’y retrouver parce qu’en fait on a juste une carte blanche ? Et donc, la manière de s’y retrouver est simplement de dire qu’on décide de son itinéraire et on dessine une série de caps. Et on va essayer de suivre, aussi bien que possible, ces caps. Ce qu’on fait, c’est qu’on commence d’un campement. On commence la journée en ayant bien en tête le cap qu’on veut suivre et la distance approximative qu’on veut faire. Pendant la journée, on prend sa boussole, on vérifie la direction, et si c’est nécessaire, on réajuste les caps", explique l’aventurier Belge.

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Le kayak de mer sera l’autre gros challenge. L’orientation sur l’eau, en osmose avec les courants, la variation magnétique et les vents importants, n’est pas chose aisée. Une préparation importante en amont sera nécessaire afin d’analyser le terrain, prendre en compte les courants et s’assurer d’arriver à bon port.

"En fait, il y a du vent qui vient depuis l’Inlandsis dans ces fjords et qui peut nous pousser vers le large quand on les traverse. Il faudra faire attention, être vigilant et vraiment partir au bon moment. Donc, si je prends comme départ un point A pour aller à un point B. Si on sait qu’il y a un fort courant qui va vers le Nord, je ne pourrai pas aller tout droit vers mon point B car sinon je vais me faire emporter près d’ici. Et donc du coup, je vais tracer et on va calculer des diagonales, pour arriver finalement à une flèche qui m’indique qu’en fait, je vais plutôt naviguer dans un autre sens afin d’arriver à cette direction-là", explique Nathan Goffart.

Et enfin, pour conclure en beauté leur expédition, les deux Belges vont s’attaquer à une grande paroi dans le Sud du Groenland. Mais comment s’orienter sur une paroi verticale ?

Tout d’abord, et une fois encore, une analyse minutieuse et surtout très précise de la paroi sera nécessaire. Cela leur permettra de tracer un itinéraire qu’ils tenteront alors de suivre. Mais comme l’explique Nathan, une partie du challenge se jouera à l’instinct.

"Au niveau de l’escalade, l’orientation est un peu plus spécifique. On va aller sur une paroi vierge, où il n’y a rien. Du coup, il y a un gros travail en amont, étudier la paroi qu’on veut grimper, regarder avec des jumelles, regarder les faiblesses des murs, faire des croquis, prendre vraiment toutes les notes. Et une fois que la préparation est bien faite et qu’on commence à grimper, là c’est à l’instinct", développe Nathan.

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Pour ceux qui n’ont pas encore entendu parler de ce triathlon atypique, voici un petit rappel. Le nom de ce triathlon ? Nanok Expedition. Un exploit sportif, atypique et unique en son genre combinant successivement une traversée de :

  • 600 km à ski le long du Cercle Polaire Arctique
  • 1000 km en kayak de mer
  • 1 km vertical d’escalade pour l’ouverture d’une voie ‘big wall’ en terrain d’aventure.

Un projet ambitieux, innovant et passionnant. Vous désirez vous aussi participer d'une manière ou d'une autre à l'expédition ? Particulier, Entreprise, Expert aventurier ou tout simplement curieux, c'est possible !

Rendez-vous sur leur site pour plus d’informations : https://www.nanokexpedition.be/

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