“Cela ne changera rien à ma vie. J’espère que le tir gagnera en notoriété...”

LONDRES Son entraîneur Konstantinos Tzoumakas n’est pas surpris par cette médaille, même si “son entraînement de la veille était mauvais”

D’emblée, il lâche : “Cela ne changera rien à ma vie. J’espère que le tir gagnera en notoriété...” souligne, impassible, Konstantinos Tzoumakas, le coach de Lionel Cox. Il profite d’ailleurs du parterre médiatique face à lui pour rappeler la vétusté des infrastructures d’une discipline qui souffre d’une image négative. “Les gens associent le tir aux bandits.”

Ce Grec naturalisé belge déploye une grande énergie pour sa passion. Il effectue le trajet entre Braine-le-Comte et Amay, soit plus de 100 km pour entraîner son protégé depuis trois ans. “J’ai connu certains ennuis de santé à cette époque. J’étais content de rester dans le milieu avec une autre casquette.”

Le fruit de tout ce travail a été récompensé avec plus d’une longueur d’avance. “Le COIB le préparait pour les Jeux de Rio” , poursuit celui qui voyage de mars à août avec Lionel Cox. Avant la compétition, il n’y croyait pas. “Hier (lisez : avant-hier), son entraînement était très mauvais. Je l’ai recadré au niveau mental. Les conditions étaient délicates. Juste avant la compétition, je lui ai juste dit qu’il devait terminer le boulot.”

Cet Hennuyer, qui fut un bon tireur dans les années 80, ne le montre pas trop, mais il est fier de la performance de son tireur. “Il a découvert le tir en indoor qu’il pratique très rarement. Ensuite, il a évité d’être perturbé par le public qui faisait du bruit malgré tout. Enfin, il a géré sa finale.”

En effet, Lionel Cox a pu se contenter de gérer sa confortable avance en finale. “Il a commencé en mode mineur, mais il s’est bien repris. Il ne m’a pas surpris. C’est un costaud dans sa tête. Ses derniers tirs furent très bons. Je ne comprends pas pourquoi il s’obstine à tirer en moins de quinze secondes. Il me garantit qu’il ne se dépêche pas.”

Konstantinos Tzoumakas, qui voit son poulain disputer encore trois ou quatre JO, a souffert tout au long de sa carrière d’un problème d’identité. “Ma patrie d’origine, la Grèce, me considérait comme un Belge. En Belgique, on me voyait comme un Grec. Pourtant, j’avais 4 ans lorsque mon papa nous a emmenés avec lui en Belgique. Il venait travailler dans les mines en Wallonie.” Th. V.



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