Engagé en classe Imoca sur les Laboratoires de Biarritz - No Limit 4 Us, le Belge Denis Van Weynbergh et son co-skipper, le Français Tanguy Le Turquais ont franchi la ligne d'arrivée en 19e position dans la baie de Fort-de-France en Martinique lors de la 15e Transat Jacques Vabre mercredi à 14 heures 39 minutes et 34 secondes (près de 20 heures en Belgique) après 24 jours et six heures de course pour parcourir les 5800 milles théoriques depuis Le Havre à la vitesse moyenne de 9,88 noeuds, parcourant réellement 6212,61 milles à 10,67 noeuds de moyenne.Coutume belge oblige, le duo a été accueilli avec des bières fraîches bien de chez nous au large du Rocher du Diamant. Les deux hommes portaient en eux une dimension d'aventure qui a toujours fasciné aussi bien les amoureux du grand large que les béotiens de la voile.

Avec deux voiles de portant en moins, la tâche du Brabançon et de son compère Tanguy Le Turquais, s'était nettement compliquée sur une majeure partie de la traversée de l'Atlantique. "Sans la voile de spi depuis plus de deux semaines, ne pouvant s'appuyer que sur le seul gennaker qui commençait à fatiguer au fil des jours, nous aurions certainement gagné plus de 300 milles sur notre temps d'arrivée. Mais bon voilà, c'est la course. Cette course n'était pour nous que le premier chapitre d'une épopée qui va nous mener jusqu'au Vendée Globe 2024. C'est assez excitant. D'habitude, on franchit la ligne, on range le bateau et cela s'arrête là. Cette fois, ce n'est que le début d'une belle histoire. On est toujours heureux d'être sur le bateau mais toucher terre, c'est toujours symbolique. Nous n'avions pas fait de pronostic avant le départ du Havre. La course au large, c'est comme une histoire d'amour, vous savez quand cela commence mais jamais quand cela finit... L'objectif premier était de rejoindre Fort-de-France sans trop de casse et de valider des milles dans la perspective du Vendée Globe 2024. Il était important d'arriver moins de neuf jours après le premier Imoca pour valider ces fameux milles. Tout ce qui est pris, c'est du bonus..."

Loin des Imoca de dernière génération équipés de foils et au budget nettement plus conséquent, le duo Belgo-français a bien tiré son épingle du jeu sur un monocoque mis à l'eau en 2014 en pouvant compter sur l'aide précieuse d'une solide équipe de bénévoles. Après la Route du Rhum 2022, Denis Van Weynbergh et son équipe prévoient un chantier important à l’horizon 2023, afin d’optimiser la machine. Au programme : gagner du poids pour plus de performance, optimiser la casquette pour des raisons de sécurité et de confort, mais aussi travailler sur l’ergonomie.