Golden League Xavier Carter défie Jeremy Wariner sur 400 m, ce soir, à Rome, où Powell veut le record du 100 m

ROME C'était l'un des grands absents du meeting de Lausanne, taillé pour les sprinters, mardi soir, mais il tarde à Asafa Powell d'écarter le soupçon de regret qui le tenaille depuis lors. "La première chose que je me suis dite après les performances réalisées à Lausanne, c'est j'aurais dû y être", que j'avais manqué une opportunité de battre le record. Mais, ensuite, j'ai pensé qu'il valait mieux se reposer. Après Paris, les ischios me tiraient un peu. Je n'ai pas couru à Lausanne car je ne voulais pas prendre de risques", a expliqué le codétenteur du record du monde (9.77), qui estime qu'il aura, ce vendredi soir, à Rome, de "bonnes possibilités" d'améliorer son chrono à l'occasion de la troisième manche de la Golden League. "J'ai déjà couru trois fois ici, à Rome, et je veux faire quelque chose de spécial. Tout est possible", a estimé Powell, qui sera la principale attraction d'un meeting disputé dans des conditions climatiques (chaleur et humidité) propices aux records. La réputation de la piste olympique n'est, du reste, plus à faire...

Concernant son duel direct avec Gatlin, champion olympique et du monde de la ligne droite, Powell a précisé qu'il "n'avait pas de problème à le rencontrer". "La pression sera peut-être bien réelle dès lors que nous nous rencontrerons. Pour moi, ce n'est pas plus mal qu'elle soit relâchée, du fait aussi qu'on parle beaucoup de quelqu'un d'autre en ce moment" (NdlR : Liu Xiang, qui a battu le record du monde du 110 m haies à Lausanne).

La réunion de Rome donnera, par ailleurs, lieu à une confrontation spectaculaire sur le tour de piste entre les Américains Jeremy Wariner, vainqueur du 400 m dans un remarquable chrono de 43.91 à Paris, et Xavier Carter, auteur mardi à Lausanne d'un stupéfiant 19.63 sur 200 m, le deuxième chrono mondial de tous les temps derrière l'invraisemblable 19.32 de Michael Johnson.

À 20 ans à peine, X Carter, qui se produit avec le même bonheur sur toutes les distances du sprint, semble promis à un avenir doré dans le milieu de l'athlétisme alors qu'il vient de tourner le dos à une belle carrière dans le football américain. Aux côtés du footballeur de couleur aux larges épaules (1,90 m pour 88 kg), le blanc Wariner paraît frêle (1,88 m mais seulement 69 kg). Mais le Texan n'éprouve aucune crainte. "Je l'ai vu réaliser des c hoses excellentes ces derniers temps. Il est très fort. La pression est sur moi, mais sur lui aussi désormais", remarque-t-il. "Après mes 43.91 à Paris, samedi dernier, je me suis senti fort, relaxé. Je m'étais même relevé pour garder des énergies en prévision de Rome." Et le maître du 400 m, champion olympique et champion du monde, d'ajouter : "Je n'ai jamais varié ma tactique de course en fonction de mes adversaires. La chose la plus importante est de faire un choix et de se tenir à ce qu'on croit être le mieux."

Qu'il advienne, ce vendredi soir, ce qui doit arriver...



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