Le TAS doit confirmer ou non les sanctions imposées à la Russie pour infraction sur les règlements liés au dopage. La Russie fait appel devant le TAS d'une décision de décembre 2019 de l'Agence mondiale antidopage (AMA) qui a déclaré l'agence russe antidopage (RUSADA) de nouveau non conforme en raison du non respect de plusieurs conditions imposées pour sa réintégration à partir de septembre 2018. La Russie est accusée depuis 2015 d'avoir mis en place un système de dopage de grande envergure avec la complicité des plus hautes autorités.

Le report d'un an des Jeux olympiques de Tokyo en raison du coronavirus a laissé un peu plus de temps à toutes les parties pour prendre une décision sur cette question.

L'audition qui se déroulera du 2 au 5 novembre dans un lieu tenu secret à Lausanne se fera en présentiel et via visioconférence dans le respect d'un protocole strict d'hygiène.

Techniquement, l'affaire se déroule entre l'AMA, qui a le pouvoir d'imposer les sanctions liées au dopage, et la RUSADA. Diverses instances comme le Comité international olympique (CIO), le Comité olympique russe, les fédérations russe et internationale de hockey sur glace (les Mondiaux de 2023 ont été accordés à Saint-Pétersbourg) et des athlètes russes individuels sont présents comme parties intervenantes.

"L'AMA n'a rien laissé au hasard dans la préparation de cette audience et nous nous réjouissons d'avoir l'occasion de présenter notre cas clairement et équitablement au panel (de juges, Ndlr)", a déclaré le président de l'AMA, Witold Banka, dans une déclaration en fin de journée vendredi. "Je reste convaincu que le comité exécutif de l'AMA a fait la bonne recommandation dans ce cas en décembre dernier".

Le TAS a déclaré qu'il rendrait une décision "à une date ultérieure". Plusieurs semaines devraient s'écouler avant de connaître le verdict.

L'AMA avait initialement suspendu le RUSADA en 2015 après la révélation les pratiques de dopage à grande échelle dans le pays, y compris l'altération des échantillons aux Jeux olympiques d'hiver de 2014 à Sotchi, confirmé dans les deux rapports de l'enquêteur indépendant Richard McLaren.

La RUSADA a été réintégrée en septembre 2018, à condition que les inspecteurs de l'AMA puissent avoir accès au laboratoire de Moscou et à sa base de données pour les années 2012-2015. La Russie a accepté, mais une commission de l'AMA a ensuite déclaré que les données avaient été "modifiées intentionnellement avant et pendant qu'elles ne soient copiées par l'AMA". En raison de cette "violation flagrante", selon le patron de l'AMA à l'époque, Craig Reedie, les dernières sanctions ont été imposées.

La Russie a protesté de son innocence et sa commission d'enquête a déclaré en décembre que les données n'avaient pas été trafiquées. Elle a accusé Rodchenkov (l'ancien directeur du laboratoire de la RUSADA de Moscou, puis de celui de Sotchi durant les Jeux Olympiques de Sotchi en 2014, réfugié aujourd'hui aux Etats-Unis, ndlr) de les manipuler à distance.

La RUSADA a déclaré que la dernière sanction était "infondée, dépourvue de base juridique", qu'elle a enfreint les principes fondamentaux de justice et d'équité, notamment les droits procéduraux fondamentaux et l'État de droit, étaient contraires à la législation suisse et a violé le principe de proportionnalité".

Le CIO a qualifié l'action russe d'"attaque contre le sport" et d'"insulte au mouvement sportif dans le monde entier". Il espère un jugement "ferme" car elle s'est impliquée dans l'affaire parce qu'elle souhaite que "les sanctions soient claires, ne laissent aucune place à toute interprétation et puissent être appliquées sans autre procédures".

Le CIO a été largement critiqué lorsqu'il s'est refusé à interdire la participation de la Russie en tant que nation aux Jeux de Rio en 2016 (seul l'athlétisme russe n'a pas pu participer à la compétition en raison de sanctions distinctes imposées par l'IAAF, la fédération internationale d'athlétisme) après le premier rapport McLaren.

Mais le CIO a imposé cette sanction lors des JO d'hiver de Pyeongchang en 2018. Seuls les Russes non impliqués dans des dossiers de dopage ont pu concourir en tant qu'athlètes neutres sans leur drapeau, leur hymne et autres symboles.