Le Bruxellois Bryan "Badjian" Badjie va participer ce week-end au tournoi européen de qualification pour la NBA 2K League Draft afin de tenter de s'y faire repérer et ainsi décrocher une sélection.

Nous en avons profité pour lui poser quelques questions juste avant son départ afin d'avoir son ressenti sur la compétition mais également découvrir un peu plus le joueur et le jeune homme qui se cachent derrière lui.

Pour ceux qui ne te connaîtraient pas encore, pourrais-tu brièvement te présenter à nos lecteurs ?

Je m'appelle Bryan Badjie, j'ai 21 ans et je viens de Bruxelles. Je suis joueur de NBA2K, la simulation de basket, et j'occupe le poste de défenseur dans la structure française Supremacy.

J'ai commencé les jeux vidéo très jeune, vers l'âge de sept ou huit ans. C'était sur SEGA à l'époque. J'ai toujours aimé jouer à la console et par après je suis passé à la Playstation 2. Aujourd'hui, je joue exclusivement sur la Playstation 4.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, j'ai commencé le sport électronique sur un jeu de football : FIFA. J'ai participé pour la première fois à un tournoi organisé par l'EGO en 2016. C'était une sorte de championnat de Belgique. Je ne m'en suis pas trop mal sorti puisque j'y ai atteint les quarts de finale. Je me souviens, j'avais battu "Twikii", le champion en titre de la compétition ! Cela m'avait grave "chauffé", j'avais vraiment adoré participer à ce tournoi. Du coup, je voulais continuer à être compétitif sur FIFA jusqu'au jour où j'ai essayé NBA2K. Je ne l'ai plus jamais lâché depuis !

La scène NBA2K n’est pas la plus développée en Europe. Comment as-tu commencé sur le jeu ?

Je jouais donc beaucoup à FIFA à l'époque et petit à petit, vers 2013, j'ai alterné avec NBA2K. Je regardais beaucoup de vidéos sur Youtube et cela m'a donné envie d'y jouer. Et puis un jour, je suis tombé par hasard sur une annonce Facebook parlant d'un tournoi NBA2K pour le BeNeLux. Je m'y suis donc naturellement inscrit, juste pour voir.

Le premier tournoi de qualification pour la compétition se déroulait dans un magasin de chaussures à Bruxelles ! (rires). J'ai réussi à me qualifier avec deux de mes amis. Après cela, on est donc parti tous frais payés par après à Eindhoven aux Pays-Bas jouer la phase finale.

J'ai l'impression que le destin tourne en boucle parce qu'en phase de poules, je suis tombé sur le champion en titre de la compétition. L'histoire s'est répétée puisque je l'ai battu avant de perdre contre le futur finaliste. À ce moment-là, j'ai réalisé que j'avais les capacités de jouer à un bon niveau et j'ai voulu continuer sur cette lancée. J'ai bien fait puisque l'année d'après, j'ai terminé deuxième de ce même tournoi, à deux points de la victoire à cause d'un alley-oop raté de LeBron James !

La licence NBA2K propose différents modes de jeu compétitifs. Est-ce que tu peux nous les présenter ?

Il y a d'abord le mode 1v1. C'est le mode classique ou chacun prend une équipe et en contrôle tous les joueurs.

Il y a aussi le mode "MyTEAM". C'est très similaire au mode FUT sur FIFA. Chacun peut créer sa propre équipe avec n'importe quel joueur présent dans le jeu. Il existe aussi la notion de légendes comme dans FIFA.

Puis il y a le mode Pro-Am. C'est celui qui est le plus compétitif pour le moment. C'est semblable au mode "Club Pro" de FIFA. Chaque joueur ne contrôle qu'un seul personnage sur le terrain, chacun ayant alors un rôle bien défini à tenir. Comme dans une équipe de basket traditionnelle. On joue donc à plusieurs et le but est d'avoir une bonne cohésion pour gagner des matchs. C'est ce mode qui sera utilisé ce week-end lors des repérages.

Au début de ta carrière, tu as été recruté par la branche esport de l’AS Monaco (club de football de Ligue 1 française). Comment s’ouvre-t-on les portes d’une telle structure ?

Après ma deuxième place au tournoi aux Pays-Bas, j'étais vraiment déçu. Du coup, je ne voulais pas rester sur une défaite et je me suis inscrit au championnat de France NBA2K. La scène n'était pas très développée à l'époque et il n'existait pas beaucoup de tournois. C'est celui qui suivait de plus près celui du BeNeLux.

J'y ai donc participé et j'ai réussi à me hisser sur le podium à Paris. C'est à ce moment-là que Monaco m'a repéré. J'ai signé chez eux l'année d'après.

J'ai gagné pas mal de tournois sous les couleurs de Monaco, notamment des NBA2K Contest. On a également été champion de France en Pro-Am.

© Thomas Danieau

Est-ce plus compliqué de se faire remarquer en étant ici en Belgique ?

Oui, c'est beaucoup plus compliqué ! Grâce à Monaco Esport, j'ai eu la chance d'être directement intégré à la communauté NBA2K française. Elle est assez grande et cela m'a permis de me faire connaître aux yeux de beaucoup de monde.

Aujourd'hui, je ne connais quasiment aucun joueur belge compétitif sur le jeu. Mais le fait d'être en Belgique ne m'a pas empêché d'être invité à participer aux repérages de ce week-end !

Tu fais aujourd’hui partie de la structure française Supremacy. Raconte-nous un peu comment tu as atterri là.

Mon but était d'aller le plus loin possible avec Monaco. Malheureusement, ils ont restructuré leur pôle esport l'année dernière et ils ont pris la décision d'arrêter NBA2K. Des contacts ont alors eu lieu entre les deux structures. Supremacy a bien aimé mon profil et m'a proposé un contrat. C'est une sorte de transfert finalement. J'étais le seul joueur 1v1 sous contrat à l'époque et je pense que c'est ce qu'ils recherchaient. Plus tard, mon coéquipier Slimane Saada m'a rejoint chez Supremacy.

Tu as été invité à participer ce week-end aux repérages pour intégrer la phase de draft de la NBA2K League aux États-Unis. Comment gagne-t-on une telle invitation ?

Honnêtement, je ne sais vraiment pas ! Je suis dans le milieu compétitif Pro-Am depuis environ un an. Avec notre équipe, on a fait de belles performances. Mais je ne connais pas les critères qui ont fait que c'est moi plus qu'un autre qui ai eu la chance d'être invité. Il y a plusieurs autres joueurs, tous très bons, qui n'ont pas été repris.

Je sais qu'une partie des joueurs invités l'ont été parce qu'ils étaient déjà sélectionnés la saison passée. Pour le reste, ils se sont peut-être basés sur le côté hors esport : mes réseaux sociaux et mon image.

En quoi va consister cette phase de repérage ?

Il y a vingt joueurs invités. Cela va donc former quatre équipes de cinq joueurs. Le premier jour, on va jouer en "pickup". On va mélanger les équipes pour que tout le monde joue avec tout le monde. Le deuxième jour, il y aura un tournoi avec des équipes fixes. Tout cela sera retransmis en direct sur Twitch. Le but sera de gagner le tournoi mais également de faire une bonne prestation individuelle et collective en général.

Certains managers de la ligue vont également être présents. On va devoir passer des interviews avec eux. C'est une très bonne opportunité pour nous de montrer autre chose que notre niveau de jeu. Certaines qualifications ont parfois lieu uniquement en ligne et les décideurs n'ont que des statistiques de jeu pour prendre une décision. Cela sera différent cette fois-ci puisqu'on pourra aussi montrer notre côté humain et pas uniquement virtuel.

À combien évalues-tu tes chances d’être repris ?

En me basant sur les statistiques de l'année passée, je dirais que j'ai environ une chance sur trois d'être éligible à la draft. Mais après, pour être sélectionné par une franchise, les chances sont vraiment infimes. J'y crois !

En cas de réussite ce week-end, est-ce que tu as une préférence pour ton éventuelle future franchise?

Être drafté serait déjà incroyable ! Les Européens ont très peu de chance d'être sélectionnés : trois la première année et un seul la saison passée.

J'ai quand même une équipe favorite, les Cavaliers de Cleveland. Malheureusement, je pense que le poste que j'occupe est déjà pris dans leur équipe esport.

Mais mon idéal, peu importe la franchise, ce serait d'avoir une équipe compétitive sur le jeu, des coéquipiers efficaces et de gagner la NBA2K League !

© NBA

En cas de draft positive, es-tu prêt à tout quitter pour aller jouer aux États-Unis et vivre ton rêve américain?

Bien sûr ! Je l'ai toujours dit à mes potes depuis trois ou quatre ans. Si j'ai l'opportunité d'aller vivre aux USA et y jouer, j'y vais directement, sans hésitation ! (rires).

En cas d’échec, quels seront tes objectifs pour 2020 ?

Retenter ma chance pour l'année prochaine ! J'ai une chance en or cette année de me faire repérer, je ne sais pas si une autre se présentera encore.

Il y a d'autres tournois en 2020, mais pour le moment, je préfère me concentrer sur la NBA2K League !

Toutes structures confondues, quel est ton meilleur souvenir sur le jeu ?

C'est notre progression en Pro-Am avec l'AS Monaco. On a commencé en étant vraiment mauvais. Petit à petit, on a su évoluer ensemble, on s'est serré les coudes et on est devenu ce que nous sommes. Cela me fait plaisir parce que ce week-end, je vais participer aux repérages avec un de mes équipiers, ancien de Monaco également. On a gravi les échelons ensemble !

NBA2K a tendance à être moins médiatisé chez nous. Comment expliques-tu cela ?

Je pense qu'il y a peu de publicités sur le jeu et ses compétitions chez nous. Du coup, parfois, certains tournois passent presque inaperçus ! Pourtant, il y a pas mal de joueurs en Belgique, des communautés pourraient très vite se créer.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu'un qui se lancerait aujourd'hui sur le jeu?

En Pro-Am, essayez de créer une équipe avec des amis. C'est le mode de jeu où l'on s'amuse le plus puisqu'on est en groupe. La cohésion étant super importante, le fait d'être avec des personnes que l'on connait facilite les choses.

Pour le 1v1, soyez patient et n'ayez pas peur de vous mesurer à plus fort que vous ! C'est comme cela que l'on apprend.

Merci d'avoir pris le temps de nous répondre, je te laisse le traditionnel mot de la fin.

J'aimerais juste remercier tous les gens qui nous supportent depuis le début. Que ce soit moi ou mes coéquipiers en Pro-Am. Si je vais à Londres, c'est aussi pour les représenter eux ! J'espère être drafté, je le fais pour vous tous !