eSport Les 12, 13 et 14 avril, Charleroi esports a organisé le plus grand tournoi esport belge jamais créé. Après un week-end agité, que retenir de cette première édition ?

1. Les équipes ont répondu présent

Si certaines mauvaises langues diront que les meilleures équipes de Counter-Strike étaient à Miami pour le tournoi BLAST (ce qui est effectivement le cas), il faut tout de même admettre que le casting de cette première édition était inédit et de qualité, surtout pour un premier tournoi. Avec trois équipes françaises en tête d'affiche (dont Vitality, une structure extrêmement populaire car présente sur de nombreux jeux), et quelques équipes internationales (dont les Allemands de Sprout qui ne sont pas d'illustres inconnus dans le milieu), le jeu proposé promettait d'être spectaculaire. Il y avait même une équipe belge, Epsilon, qui a fait plus que de a figuration en se qualifiant pour le dernier carré. Bref, un premier casting plus que réussi.

2. Le jeu proposé fut globalement de bonne qualité

Certes toutes les équipes n'étaient pas au même niveau mais, tout au long du week-end, le jeu proposé par les participants fut de bonne facture. Le suspense fut également au rendez-vous, en témoignent les affrontements entre Virtus.pro et GamerLegion, entre LDLC et FrostFire et, évidemment, la demi-finale entre Vitality et G2 qui a offert aux spectateurs une deuxième manche décisive d'anthologie, conclue sur le score de 19 à 16.

3. Le Dôme était vide vendredi et samedi

Ce fut la déception de beaucoup d’observateurs et, bien évidemment, des organisateurs. Le public belge ne s'est pas déplacé en masse pour l'événement. Pire, vendredi et samedi, la salle était presque vide ! Dimanche, jour de finale, a heureusement rattrapé un peu ce tollé. Un échec beaucoup commenté sur les réseaux sociaux. Comment expliquer ce manque d'affluence ? Plusieurs arguments peuvent être avancés :
  • Le prix: 25 euros par jour, 100 euros pour les VIP. Des tarifs bien trop élevés pour une première compétition en Belgique où l'objectif était d'attirer un public moins averti. Un public qui n'est donc pas prêt, à l'heure actuelle, à dépenser de telles sommes pour un tournoi esport. Les organisateurs ont bien tenté de sauver le bateau du naufrage en offrant l'entrée gratuite vendredi et samedi en échange d'un "mot de passe" à prononcer à l'entrée mais le mal était fait, les prix ont refroidi beaucoup de potentiels visiteurs.
  • Le lieu: Certes le Dôme est une grande salle parfaitement capable d'accueillir ce genre d'événement. Certes Charleroi est probablement la ville belge dans laquelle l'esport se développe le plus actuellement. Mais un constat s'impose : le public de l'esport en Belgique n'est pas prêt à effectuer de longs déplacements pour une compétition. Une localisation plus centrale, à Bruxelles par exemple, aurait peut-être attiré une foule plus importante. Mais c'est l'essence même de ce tournoi qui se veut d'organisation carolo qui serait alors remise en jeu.
  • Les accommodations: Peu ou pas d'animations entre les rencontres, pas de navette entre la gare et le Dôme, un concert d'ouverture à oublier au plus vite... Si le spectacle était présent lors des rencontres, on ne peut pas en dire autant des temps morts qui, comme leur nom l'indique... furent particulièrement calmes. Deux stands (Mediamarkt et un vendeur de chaises gaming), quelques séances de dédicaces et c'est tout. Pour attirer le public, il aurait fallu lui faciliter l'accès au Dôme et s'assurer que celui-ci ne s'ennuierait pas durant les près de 10 heures quotidiennes de tournoi.
  • La communication: Beaucoup de potentiels intéressés ont avoué n'avoir pas été au courant de l'événement (ou très tard). Un événement d'une telle ampleur aurait dû bien plus rayonner, que ce soit localement ou même à l'échelle nationale. 

4. Il y a un public pour l'esport

La journée de dimanche et les streams de l'événement (qui ont atteint des pointes à 15 000 spectateurs simultanés) prouvent que le public belge de l'esport existe. Il est certes encore un peu frileux et probablement pas encore habitué à se rendre sur place pour suivre une compétition mais le potentiel est présent et c'est clair. Il ne faut donc pas se décourager, bien du contraire, car c'est en multipliant ce genre d'initiatives que l'esport s'installera définitivement en Belgique.

5. Il y aura une édition 2020 de Charleroi esports

Soyons honnêtes, si cette première édition n'a pas été totalement convaincante, il ne faut pas pour autant abandonner un si beau projet. On ne construit pas un tel événement du premier coup et ce tournoi initial servira certainement de balise pour de futures éditions qui auront probablement à cœur d'effacer les erreurs de jeunesse de ce Charleroi esports. Il y aura d'ailleurs une deuxième édition en 2020, la volonté des organisateurs étant de s'installer durablement dans le paysage esportif belge dans un premier temps et pourquoi pas européen dans un second. Les joueurs eux, ont en grande majorité remercié l'organisation et annoncé être partants pour un retour l'année prochaine. Avec autant de signes positifs, on voit mal Charleroi esports s'arrêter après ce premier test grandeur nature.