Alors que l'organisation, cette saison, d'un tournoi "Major" de CS:GO a été confirmée par Valve il y a quelques jours, l'éditeur a donné plus de détails cette semaine à propos du processus de qualification qui mènera les équipes à disputer cet événement prestigieux.

Mais voilà, cette annonce a été suivie dans la foulée par d'autres nouveautés applicables en 2021 et qui pourraient profondément remodeler l'écosystème esportif professionnel de la discipline. Cela n'a évidemment pas échappé à ce dernier et a provoqué un raz-de-marée de critiques de la part des structures concernées.

La première modification de taille est la remise à zéro des "Regional Major Rankings" (RMR), les classements régionaux servant de base de sélection pour les "Majors". Plusieurs tournois ont émaillé la saison et ont récompensé les meilleures équipes de chaque région par une somme plus ou moins importante de points. Un classement (les fameux RMR) a alors été établi en fin de cycle afin d'envoyer les mieux classées au prochain "Major".

Ce système avait permis à des équipes moins huppées, provenant de zones régionales moins médiatisées, de se qualifier pour le Major de Rio censé se dérouler à la fin de l'année 2020. Malheureusement pour elles, la pandémie est passée par là et a contraint les organisateurs à finalement annuler le tournoi.

Jusqu'alors, aucune information n'avait filtré concernant le futur de ces structures. Allaient-elles être automatiquement qualifiées pour le "Major" de 2021 ? Hé bien non ! Valve en a décidé autrement puisque ces classements seront tout simplement remis à zéro !

Une année d'effort réduite à néant en quelques secondes pour les différentes équipes qualifiées. Enfin, pas tout à fait puisque Valve va "généreusement" leur accorder une petite avance dans leur RMR respectif (600 points pour les équipes ayant atteint le statut de "Légendes", 300 points pour les "Challengers" et 100 points pour les "Contenders").

Autre maigre consolation, chaque équipe qui devait prendre part au Major de Rio aura tout de même droit à ses traditionnels autocollants en jeu.

© Valve

L'autre annonce de l'éditeur fait suite à la vague de sanctions émise à l'encontre de nombreux coachs d'équipes professionnelles. Souvenez-vous, il y a quelques mois, l'Esports Integrity Commission (ESIC) a publié les résultats d'une longue enquête concernant l'exploitation par les coachs d'un bug leur donnant un avantage déloyal sur leurs concurrents.

Prenant en compte ces résultats, Valve vient publiquement d'exclure les coachs incriminés d'un nombre de tournois officiels variant d'un événement à un bannissement définitif !

Mais la polémique est arrivée en toute fin d'annonce, quand Valve a sorti ce paragraphe : "Pendant les matchs en ligne, seules les personnes qui jouent sont autorisées dans la pièce et sur le serveur. Aucune autre personne membre de l’équipe (coach ou autre) n’est autorisée à être présente dans la pièce ou sur le serveur, ou à communiquer avec l’équipe pendant un match en ligne."

Ce qui signifie que tout l'écosystème des équipes professionnelles est remis en cause puisque les joueurs seront désormais livrés à eux-mêmes dans les compétitions en ligne, leur coach ne pouvant plus intervenir en cours de partie et même pire, ne pouvant plus assister physiquement à celles-ci ! Cette décision est tout simplement ahurissante de la part de l'éditeur à la tête d'un des jeux compétitifs les plus influents de la planète ! Vous imaginez un match de football sans entraîneur et sans staff ?

ZywOo avec en arrière-plan, à droite, son coach Rémy "Xtqzzz" Quoniam © BLAST Premier

Last but not least, la question des équipes à six joueurs et des remplaçants a également suscité l'intérêt de Valve. Les équipes peuvent maintenant désigner officiellement une personne remplaçante (toute personne qui n’est pas inscrite en tant que participante ou remplaçante d’une autre équipe) autre que leur coach.

Mais voilà, chaque remplacement effectué en cours de match entrainera désormais une pénalité à l'équipe à la fin de celui-ci. Un pourcentage de points en fin de partie sera décompté à la structure ayant pratiqué ce changement. Mais encore plus aberrant, aucune pénalité ne sera appliquée au changement permettant de retrouver la line-up d'origine !

Prenons l'exemple de la Team Vitality où notre compatriote Nabil "Nivera" Benrlitom occupe le poste de sixième homme. Lorsque ce dernier entrera en cours de jeu à la place d'un de ses équipiers, l'équipe sera pénalisée. Lorsque Nivera rendra sa place au joueur qu'il a remplacé précédemment, aucune pénalité ne sera appliquée puisque la line-up originelle sera reformée. En revanche, si l'opération se répète, les sanctions s'accumuleront !

Alors que la scène esportive professionnelle semblait prendre un tournant ces derniers mois en mettant en avant la santé mentale et physique de ses membres ainsi que l'arrivée d'équipe à six joueurs, Valve semble à mille lieues de tout cela en imposant ce genre de décisions aux équipes.

© Team Vitality

Reste maintenant à voir l'attitude de la Team Vitality lors des matchs décisifs. Va-t-elle continuer à tourner à six joueurs au risque de perdre gros? Nivera va-t-il jouer aussi souvent, et dans des matchs à fort enjeu? Seul l'avenir nous le dira...